Le transporteur à vis

Illustration : Ronald DuRepos
Illustration : Ronald DuRepos

Lors de la réparation d’un transporteur à vis, un travailleur subit de graves blessures.

Que s’est-il passé ?

Novembre 2013. Dans une ferme de grande culture de la Montérégie, un travailleur et le fils du propriétaire doivent réparer une jonction d’accouplement entre deux portions du transporteur à vis (vis sans fin) qui achemine le grain dans le hangar. Comme ce transporteur à vis est placé sur le dessus du hangar, les deux travailleurs utilisent une plateforme de levage pour accéder à la toiture en acier ondulé du hangar. Ils portent tous les deux un harnais de sécurité. Ils démantèlent le regard d’accès pour effectuer la réparation. Pendant que le travailleur maintient le blocage du boulon avec une clé sous la vis sans fin, le fils du propriétaire effectue le serrage sur le dessus de la vis. Un boulon leur glisse des mains. Le fils du propriétaire redescend pour aller récupérer le boulon manquant. Ce faisant, il demande au propriétaire de remettre en fonction le séchoir, croyant que cela n’a pas d’incidence sur la réparation en cours étant donné que la vis sans fin n’est pas en mode « acheminement du grain ». Le propriétaire remet donc le séchoir en fonction par l’entremise d’une commande automatique reliée à la vis sans fin. Le fils du travailleur remonte sur le toit. Le travailleur complète la réparation quand la vis sans fin se remet en fonction et coince le bras du travailleur. La courroie d’entraînement tourne à vide, bloquée par le bras du travailleur. Le fils du propriétaire quitte le toit pour actionner les commandes d’urgence du tableau de contrôle. Il remonte ensuite sur le toit et installe un garrot sur le bras du travailleur, retire la courroie d’entraînement et dégage le bras du travailleur. Le travailleur de 39 ans devra néanmoins vivre avec des doigts en moins et des lésions majeures à la main et au bras.

Qu’aurait-il fallu faire ?

Avant d’entreprendre tout travail d’entretien, de réparation, de déblocage ou de nettoyage dans la zone dangereuse d’une machine, il faut que le dispositif de commande soit en position d’arrêt, que la machine soit en arrêt complet et que toutes ses sources d’énergie soient cadenassées de manière à éviter une mise en marche accidentelle pendant la durée des travaux.

Par ailleurs, le moteur d’entraînement du transporteur à vis n’était pas muni d’un disjoncteur spécifique afin de permettre l’arrêt et le cadenassage de la machine. Au moment de l’accident, le transporteur à vis a été mis en fonction par une commande automatique reliée au fonctionnement du séchoir. Finalement, l’employeur doit informer adéquatement le travailleur sur les risques reliés à son travail et lui assurer la formation, l’entraînement et la supervision appropriés sur les procédures sécuritaires de fonctionnement, d’entretien et de cadenassage.

Notre personne-ressource : Pierre Privé, coordonnateur aux enquêtes, Direction générale de la prévention-inspection et du partenariat de la CSST



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