Écrasement mortel

Illustration : Ronald DuRepos
Illustration : Ronald DuRepos

Une minifourgonnette, soulevée à l’aide d’un pont élévateur, tombe au sol alors que deux travailleurs procèdent à son inspection.

Que s’est-il passé ?

Vers 8 h, le 22 juillet 2014, dans un garage de mécanique automobile, deux mécaniciens effectuent une inspection sous le capot d’une minifourgonnette. Ils procèdent ensuite au levage du véhicule à l’aide d’un pont élévateur, acheté usagé en 2013. Alors que le véhicule se trouve à un peu plus d’un mètre du sol, ils entendent un bruit inhabituel et l’un des deux mécaniciens interrompt le levage. Ils font le tour du véhicule, par prévention, et ne constatent rien d’anormal. Ils poursuivent donc leur levage jusqu’à la hauteur désirée et les dispositifs de blocage des bras pivotants sont tous enclenchés. Une fois le véhicule bien en place, ils se placent sous celui-ci, un travailleur de chaque côté, et procèdent à l’inspection visuelle de l’avant de l’automobile. C’est alors que deux bruits forts très rapprochés surviennent. Pendant que les deux travailleurs regardent dans la direction d’où semble provenir le bruit, la minifourgonnette bascule et tombe du côté conducteur. Le mécanicien qui se trouve du côté passager réussit à se dégager alors que l’autre travailleur, âgé de 18 ans, reste coincé. Les services d’urgence sont appelés sur-le-champ et deux travailleurs tentent de soulever le véhicule avec un cric, mais sans succès. Ils redescendent le pont élévateur et utilisent les bras de levage gauches pour soulever l’automobile. À la suite de cette manoeuvre, les policiers et les ambulanciers arrivent sur les lieux et ne peuvent que constater le décès du travailleur.

Qu’aurait-il fallu faire ?

Dans cette situation, les dispositifs de blocage, usés, permettent un déplacement des bras du pont élévateur, ce qui a provoqué la chute du véhicule. Le jeu libre au moment de l’incident est environ quatre fois supérieur à celui d’un dispositif neuf.

L’inclinaison de la surface sur laquelle est appuyé le véhicule a entraîné une force latérale sur les bras pivotants et, par conséquent, sur les dispositifs de blocage. De plus, l’entretien du pont élévateur est déficient quant à l’intégrité des dispositifs de blocage des bras pivotants. Dans le Règlement sur la santé et la sécurité du travail, l’article 245 prévoit, entre autres, qu’un appareil de levage doit être inspecté et entretenu conformément aux instructions du fabricant, ou à des normes offrant une sécurité équivalente. De son côté, le manuel d’opération du fabricant exige de vérifier quotidiennement toutes les pièces mobiles pour s’assurer qu’elles sont de niveau et qu’elles ne présentent pas un jeu excessif. Il est également précisé que tous les deux mois, les dispositifs de blocage des bras pivotants doivent être vérifiés et lubrifiés. Une inspection annuelle doit être effectuée selon la norme Automotive Lift Operation, Inspection and Maintenance et la date du dernier entretien effectué doit être visible sur le pont élévateur.

Le véhicule doit toujours être placé solidement sur le pont élévateur de façon à ce que les bras de levage aient un contact ferme avec les points de levage de celui-ci. Il faut choisir le pont élévateur qui a la bonne capacité de levage qui, elle, est bien visible sur la structure du pont. Pendant la levée de l’automobile, on doit entendre les loquets de verrouillage s’enclencher. Il est important de s’assurer visuellement que les dispositifs de blocage sont tous bien enclenchés. La méthode préconisée par les centres de formation et Auto Prévention, entre autres, consiste à lever le véhicule à un pied et à exercer une poussée pour vérifier la stabilité avant de poursuivre le levage ou de redescendre, en cas d’instabilité.

Notre personne-ressource : Pierre Privé, coordonnateur aux enquêtes, Direction générale de la prévention-inspection et du partenariat de la CSST


Pour en savoir plus

Lien vers le rapport d’enquête :http://www.centredoc.csst.qc.ca/pdf/ed004053.pdf