Un travailleur perd la vie en tombant d’une échelle sur un chantier résidentiel

Que s’est-il passé ?

Début décembre à Laval. Une première neige est déjà tombée. Sur ce chantier résidentiel, la construction de la maison est presque terminée.

Il reste néanmoins la pose du revêtement d’aluminium. Trois travailleurs s’affairent sur le chantier. Un premier pose le revêtement d’aluminium sur le côté gauche de la maison. Il est installé sur un échafaudage. Un second travailleur effectue le pliage et la coupe de pièces d’aluminium dans une remorque.. 

 

 

Illustration: Ronald DuRepos
Illustration : Ronald DuRepos

 

Il approvisionne ensuite les deux autres travailleurs. Le troisième travailleur pose des moulures et des bordures de toit en aluminium sur la façade de la maison, qui comprend une tourelle. Il utilise une échelle pour réaliser ces tâches, y compris pour monter ses outils et les matériaux sur le toit. Ainsi, il se sert d’une seule main dans la plupart de ses déplacements dans l’échelle. Lorsque le travailleur place son échelle pour atteindre l’extrémité droite de la corniche de la tourelle, le montant de l’échelle bute contre un élément de structure. Il ne peut donc pas la placer directement sous la zone de travail. En fait, le montant de l’échelle se trouve à 60 cm horizontalement et à 105 cm verticalement de la zone à atteindre. Le travailleur doit étendre les bras ou encore poser un pied sur le toit enneigé pour atteindre l’extrémité de la zone de travail. Ce toit possède une pente de 60 degrés et est partiellement enneigé. En début d’après-midi, le travailleur perd l’équilibre et tombe. Sa chute sera d’un peu plus de six mètres. Vers 14 h 30, un livreur d’électroménagers se présente au domicile en construction. Il trouve le travailleur gisant au sol à l’avant de la bâtisse. Il alerte ses collègues. Les secours sont appelés, mais il est trop tard.

Malheureusement, les accidents de ce type sont plus fréquents qu’on pense. Et ils pourraient tous être évités…

Qu’aurait-il fallu faire ?

Lorsqu’on planifie des travaux, il faut d’abord s’interroger sur le matériel le plus approprié pour le genre de travaux à exécuter. Avant d’arrêter son choix sur une échelle, il vaut mieux envisager l’échafaudage, la nacelle ou encore la plateforme élévatrice. Si, malgré tout, l’échelle ne peut être évitée, il faut savoir que l’utilisation d’échelles sur les chantiers de construction est réglementée par le Code de sécurité pour les travaux de construction. L’article 3.5.2 spécifie notamment qu’une échelle doit être conçue, construite et utilisée de façon à ne pas compromettre la sécurité des travailleurs. À cet effet, les règles de l’art spécifient que le travailleur doit avoir en tout temps trois points d’appui et que son corps doit toujours demeurer à l’intérieur des montants.

Par ailleurs, l’article 3.5.6 précise notamment les règles d’utilisation d’une échelle et spécifie que celle-ci doit reposer sur une base solide et prendre appui, au sommet, sur ses deux montants, en plus d’être préservée contre tout choc ou glissement de nature à compromettre son équilibre.

De plus, en fonction de l’article 2.9.1, il est important de retenir que s’il est exposé à une chute de plus de trois mètres, le travailleur doit être protégé contre les chutes. Cette hauteur peut être moindre s’il y a un danger particulier.

Finalement, les travailleurs doivent recevoir une formation sur le matériel utilisé et connaître les dangers inhérents à leurs tâches.

Notre personne-ressource : Pierre Privé, coordonnateur aux enquêtes, Direction générale de la prévention-inspection et du partenariat de la CSST

Pour en savoir plus

Lien vers le rapport d’enquête: www.centredoc.csst.qc.ca/pdf/ed003816.pdf