Chute fatale

Source : Ronald DuRepos
Source : Ronald DuRepos

Lors d’un déchargement de grains de maïs, le travailleur monte sur le camion pour décoincer l’écoulement; déséquilibré, il chute mortellement.

Que s'est-il passé?

Le 29 février 2016, un peu avant minuit, le travailleur d’une compagnie de transport de grains et de céréales prend possession d’un camion-remorque. Le travailleur remplit la citerne de grains de maïs à la meunerie. Il se rend ensuite à l’usine de production d’aliments pour ruminants. En arrivant, il donne le poids de la cargaison. Le travailleur positionne l’arrière de son camion-remorque au-dessus de la grille de collecte du grain. Il ouvre le réservoir et le déchargement commence. Il prélève un échantillon qu’il dépose à la salle de contrôle. À 1 h 25, le contrôleur l’informe que l’écoulement s’est interrompu. Le travailleur sort à l’extérieur de la salle de contrôle pour vérifier la raison de cet arrêt. Les grains font souvent un pont en raison du froid, de l’humidité ou du tassement, et bloquent ainsi l’écoulement. Le travailleur monte sur le camion et prend la tige métallique de 4 m de long pour déloger les grains de maïs collés ensemble. Une passerelle antidérapante, à 3,9 m du sol, est située au-dessus de la remorque sur toute la longueur du côté gauche pour permettre au travailleur d’effectuer ce genre d’opération. L’écoulement reprend. Un peu plus tard, le contrôleur reçoit deux alarmes indiquant un trop-plein. Il sort pour aviser le travailleur d’arrêter le déchargement. Il l’aperçoit inanimé et face contre terre. Le travailleur est transporté à l’hôpital, où son décès est constaté.

Qu'aurait-il fallu faire?

Les dispositions réglementaires rendent obligatoire l’application d’un programme de prévention par l’employeur. Ce dernier, afin de prévenir les chutes de hauteur, doit former les travailleurs et s’assurer de leur supervision lorsque vient le temps d’intervenir en hauteur sur un camion-remorque. Tout d’abord, la passerelle permettant de travailler au-dessus de la remorque comporte un garde-corps : une barrière métallique rétractable actionnée à l’arrière de la remorque par un mécanisme pneumatique. Lorsqu’il est abaissé, le garde-corps dépasse de 10 cm de chaque côté de la passerelle; élevé, il est à 1,1 m et permet de travailler sur la passerelle de façon sécuritaire en empêchant les chutes. La directive de l’employeur oblige l’utilisation du garde-corps. Ensuite, une supervision adéquate, avec l’aide des clients, doit être mise en place pour s’assurer que le travailleur utilise le garde-corps. Une autre méthode permet au travailleur de débloquer la citerne sans s’exposer aux chutes de hauteur : l’utilisation d’un maillet. Effectivement, les coups frappés sur les parois de la citerne avec un maillet, par les vibrations qu’ils créent, défont le pont de grains et l’écoulement reprend. L’utilisation du maillet évite au travailleur de monter sur la remorque pour déloger les grains collés, mais ce dernier doit tout de même accéder au dessus à la fin du chargement pour vérifier que le réservoir est vide.

Notre personne-ressource : M. Sèdoté Ghislain Hounkpe, coordonnateur aux enquêtes par intérim, Direction générale de la prévention-inspection de la CNESST