Écrasé par un système de levage

Source : Ronald DuRepos

Alors qu’un travailleur se trouve sous les bras accumulateurs d’une station d’empilage, le système de levage, activé par un collègue, l’écrase mortellement.

Simulation de l'accident (animation 3D libre de droits)

Que s'est-il passé?

Le 1er septembre 2016, en fin d’après-midi, un travailleur à la station d’empilage d’une scierie informe l’électromécanicienne qu’il y a une anomalie avec le système de levage. Celle-ci l’inspecte et diagnostique un désalignement de trois photocellules. Alors qu’elle réaligne les cellules, un travailleur en formation observe son travail et l’éclaire avec sa lampe de poche. Lorsque les réparations et les tests sont effectués, les travailleurs éteignent la station d’empilage avant de quitter leur poste de travail pour la journée. Le lendemain matin, vers 7 h, les employés commencent leur quart de travail et démarrent la station d’empilage. Le travailleur en formation ne trouve pas sa lampe de poche et se dirige à la station d’empilage pour vérifier s’il l’a échappée là la veille. Vers 7 h 15, à la station d’empilage, un journalier situé au niveau supérieur actionne le système de levage afin qu’un paquet de planches de bois soit acheminé vers le convoyeur de sortie. Voyant que le paquet ne descend pas complètement, il regarde par l’ouverture du système de levage et aperçoit les jambes du travailleur en formation venu chercher sa lampe de poche, qui semble être penché sous les bras accumulateurs. Croyant que ce dernier effectue une vérification du système, le journalier descend pour aller le rejoindre. Lorsqu’il arrive au niveau inférieur de la station, il découvre que le travailleur en formation est plutôt écrasé sous les bras accumulateurs. Il crie aussitôt à l’opérateur de la station de les remonter, ce qui est fait dans les secondes qui suivent. Le travailleur est alors dégagé et transporté à l’hôpital, où son décès est malheureusement constaté quelques heures plus tard.

Qu'aurait-il fallu faire?

L’accident survient alors que le haut du corps du travailleur en formation se trouve sous une charge de plus de 2 040 kilogrammes, entre les bras accumulateurs et le transfert d’évacuation à chaîne du système de levage. Le niveau inférieur de la station d’empilage est ceinturé en partie par un grillage métallique composé d’une porte interverrouillée et en partie par un garde-corps. Dans le Règlement sur la santé et la sécurité du travail, il est mentionné que « dans le cas où aucune personne n’a accès à la zone dangereuse d’une machine durant son fonctionnement, au moins un des dispositifs de protection suivants doit être installé : protecteur fixe, protecteur muni d’un dispositif d’interverrouillage, protecteur à enclenchement muni d’un dispositif d’interverrouillage ou dispositif sensible ». Dans cette situation, bien qu’une partie du niveau inférieur de la station soit protégée conformément aux dispositions du règlement, la majorité ne l’est pas. La norme CSA Z432 prévoit que « les dispositifs de protection doivent être conçus, construits, installés et entretenus de sorte que le personnel ne puisse les contourner par-dessus, par-dessous, en faisant le tour ou en les traversant sans que cette manoeuvre soit détectée de manière à atteindre un phénomène dangereux ». De ce fait, le garde-corps installé au niveau inférieur de la station d’empilage n’empêche d’aucune façon une personne de le contourner ou de le traverser et d’atteindre la zone dangereuse.

Par ailleurs, la Loi sur la santé et la sécurité du travail stipule que « l’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique des travailleurs. » Dans cette situation, l’accès au système de levage, alors que la machine est en marche, était possible. Les éléments qui ont été mis en place à la station d’empilage ne répondent donc pas aux exigences des différentes normes.

Notre personne-ressource : Pierre Privé, coordonnateur aux enquêtes, Direction générale de la prévention-inspection et du partenariat de la CNESST

Pour en savoir plus

Rapport d'enquête

centredoc.cnesst.gouv.qc.ca/pdf/Enquete/ed004141.pdf