Y a-t-il des cancérogènes dans votre milieu de travail ? - Un nouveau document pour y voir clair

Y a-t-il des cancérogènes dans votre milieu de travail ? - Un nouveau document pour y voir clair

Le cancer est la première cause de mortalité dans les pays industrialisés et l’on estime que de 3 % à 10 % des cas résultent d’une exposition à des agents cancérogènes en milieu de travail. Cependant, les cancers prennent souvent  plusieurs dizaines d’années à se développer après l’exposition ; leur lien avec le travail n’est donc pas toujours facile à établir. De la même façon que les employeurs et les travailleurs peuvent contribuer à assurer leur sécurité et tenter d’éliminer les risques lorsqu’il est question d’accidents, ils doivent pouvoir se protéger des cancérogènes.

Mais par où commencer ?

L’IRSST vient de publier le document de sensibilisation Y a-t-il des cancérogènes dans votre milieu de travail ? – Passez à l’action!, qui propose une démarche pour repérer les cancérogènes présents dans les milieux de travail, évaluer les risques d’exposition et mettre en place des moyens de prévention appropriés. De tels documents de sensibilisation et de prévention de l’exposition aux cancérogènes existent ailleurs au Canada et dans d’autres pays. Au Québec, aucun outil adapté à nos règles et à nos pratiques, ni à nos structures et ressources spécifiques, n’avait jusqu’à maintenant été produit.

Ce document sera particulièrement utile aux responsables de la santé et de la sécurité du travail, aux employeurs et aux travailleurs. Il concerne autant les petites entreprises que les très grandes. Il aborde principalement les agents chimiques, biologiques et physiques et s’appuie sur les connaissances les plus à jour sur le sujet. Il est conçu de façon à orienter l’action vers la prévention et la réduction de l’exposition aux cancérogènes en milieu de travail.

Des causes multiples

Il est admis que plusieurs causes augmentent le risque d’être atteint d’un cancer, dont des facteurs familiaux ou génétiques, des habitudes de vie (consommation de tabac ou d’alcool) et des expositions environnementales (pollution de l’air ou de l’eau). Des expositions en milieu de travail (produits chimiques, radiations) peuvent s’ajouter à ces facteurs et augmenter la probabilité qu’un cancer apparaisse ou survienne précocement. Dans les établissements, certains cancérogènes peuvent être utilisés tels quels, fabriqués sur place ou encore générés de façon secondaire par un procédé.

En amorce du document, les auteures introduisent quelques notions théoriques qui concernent notamment les agents chimiques, physiques et biologiques, leurs voies d’entrée dans le corps ainsi que les différentes classifications des cancérogènes utilisées au Québec.

Le coeur de la publication est construit autour de deux grands thèmes : les moyens permettant de repérer les cancérogènes et les façons de s’en protéger.

Repérer d’abord

Bien que la quantité de cancérogènes chimiques dans un produit commercial soit souvent faible, il importe de s’en préoccuper, car des expositions même irrégulières ou à petites doses peuvent augmenter le risque de cancer. La section consacrée au repérage passe en revue les moyens de savoir si un agent est cancérogène ou non. Des explications sur le décodage des informations contenues sur l’étiquette du produit, sur le Système d’information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT), la fiche de données de sécurité (fiche signalétique) et la signalisation sont fournies. Une liste de repérage des produits et des procédés utilisés dans un milieu de travail est également proposée. Elle peut être utile pour dresser l’inventaire des agents que l’entreprise emploie, entrepose ou génère ainsi que les dangers qu’ils représentent.

Les auteures insistent sur la nécessité de demeurer vigilant et de tenir les informations à jour. En effet, le repérage n’est jamais complètement terminé. Des cancérogènes peuvent être introduits dans les milieux de travail à la suite de changements technologiques ou d’avancées scientifiques. Par ailleurs, des agents présentement considérés acceptables peuvent être reconnus comme cancérogènes à la suite de nouvelles études.

Réduire l’exposition

Y a-t-il des cancérogènes dans votre milieu de travail ? - Un nouveau document pour y voir clairSe protéger est l’étape suivante. La législation oblige l’employeur à prendre les mesures nécessaires pour préserver la santé de ses travailleurs et pour assurer leur intégrité physique. Parallèlement, ces derniers doivent comprendre le fonctionnement des moyens de prévention mis en place. L’employeur doit donc les former, notamment sur certains points que prescrit la réglementation : les effets sur la santé liés à l’exposition à des cancérogènes dans leur milieu de travail ; les moyens de réduire, voire éliminer cette exposition ; les façons de faire sécuritaires.

La section suivante passe en revue les moyens de prévention. À cette étape, on priorise la substitution d’un cancérogène ou d’un procédé par d’autres, moins nocifs pour la santé ou moins polluants. Avant d’acheter un produit, la vigilance est de mise : lire les étiquettes et les pictogrammes fait partie des gestes essentiels. Les auteures font état de moyens techniques et d’ingénierie, comme l’installation de systèmes de ventilation mécanique générale et locale ainsi que la modification du procédé ou des équipements.

Des moyens administratifs existent aussi : formation, signalisation des zones à risque, entretien préventif et ménager, établissement de procédures et de méthodes de travail n’en sont que quelques-uns.

Par ailleurs, le port d’équipements de protection individuels (ÉPI), dont les appareils de protection respiratoire (APR), les gants ou les survêtements de travail, ne doit pas être négligé lorsque les autres moyens de prévention ne peuvent totalement protéger contre l’exposition. Il faut cependant s’assurer de leur utilisation adéquate, de leur bon ajustement et de leur entretien.

Le document présente également des exemples de bonnes pratiques pour maîtriser l’exposition. Ainsi, l’employeur peut offrir des lieux réservés aux repas pour éviter que les gens boivent ou mangent à leur poste de travail, ainsi que des lavabos et du savon pour qu’ils puissent se laver adéquatement les mains et le visage. Laisser les dangers du travail… au travail : enlever le survêtement et se laver les mains avant de quitter les lieux, ne pas apporter les vêtements de travail à la maison sont autant de gestes qui favorisent la prévention.

Agir pour prévenir

Les moyens préventifs sont-ils bien adaptés à la situation ? Pour en avoir une idée, le document propose une liste d’actions. L’employeur, le responsable de la prévention ou le comité de santé et de sécurité (CSS) peuvent s’en inspirer pour faire un état de la situation et établir un plan d’action. Si la prise en charge du milieu par le milieu de travail est souhaitable, elle n’est pas toujours possible. Dans le cas d’une situation complexe ou d’incertitude, il peut être nécessaire de recourir à une ressource spécialisée, telle que les équipes de santé au travail régionales, les associations sectorielles paritaires, ou encore une firme de consultants ou un site Web spécialisé, comme celui du Service du répertoire toxicologique de la CSST (REPTOX). Les sections Guides et outils et Pour plus d’information, à qui s’adresser ? suggèrent plusieurs ressources, dont des documents, des sites Web et des organisations qui peuvent soutenir les travailleurs et les employeurs dans leur démarche de repérage et de prévention.

Pour en savoir plus

LABRÈCHE, France, Brigitte ROBERGE, Sabrina GRAVEL, Marie-France D’AMOURS. Y a-t-il des cancérogènes dans votre milieu de travail ? – Passez à l’action!, RG-790, 14 pages
Aussi offert en anglais :
Are there carcinogens in your workplace ? – It’s time to act!