TMS : scruter le modus operandi des ambulanciers pour réduire les risques

Les ambulanciers s'exposent à se blesser en soulevant des personnes. Pour bien identifier la source des risques de troubles musculosquelettiques (TMS) de ce métier, une équipe de l'Université Laval a observé leur travail réel à Québec durant l'été 2011 et l'hiver 2012, puis à Montréal durant l'hiver et l'été 2013.

Ils ont réalisé 524 captures vidéo d'interventions préhospitalières et autant d'entretiens semi-dirigés avec 100 ambulanciers. « Nous passions chaque fois un quart complet de travail avec eux », rapporte Dominique Larouche.

Ces travaux consistent à inventorier l’équipement que les ambulanciers utilisent et à documenter la manière dont ils s’y prennent pour évacuer des malades. Des analyses touchant les aspects biomécanique, ergonomique et physiologique seront réalisées. Les chercheurs ont questionné les ambulanciers sur les difficultés qu’ils éprouvent entre le moment de leur arrivée sur les lieux de l’appel et l’entrée de la civière dans l’ambulance. Ils analyseront leurs propos ultérieurement.

Il ressort déjà que les ambulanciers appliquent peu les principes du déplacement sécuritaire des bénéficiaires, appris ils devraient utiliser leurs équipements judicieusement, en particulier ceux qui servent à réduire une surface à constate expliquent parfois par exiguïté de certains espaces, qui restreint les mouvements. Il organisation du travail des compagnies et dans les équipements disponibles.

À partir de l’observation de ce que font les travailleurs dans différentes situations, nous ferons ressortir les stratégies les plus optimales, poursuit Dominique Larouche. À terme, nous voulons pourvoir les ambulanciers de façons de faire, c’est-à-dire des stratégies variées dans des contextes différents chaque fois qu’ils doivent déplacer une personne. Ils auront plus d’options. »

Après ses études, Dominique Larouche aimerait poursuivre ses activités de recherche. La santé et la sécurité du travail, les soins préhospitaliers et l’ergonomie l’intéressent. Faute d’occasions de recherche, elle se tournerait alors vers la pratique privée, à titre de consultante en ergonomie. Elle aimerait faire des interventions ergonomiques pour régler des problèmes en entreprise.

Dominique Larouche

Dominique Larouche s’est d’abord intéressée à la kinésiologie de l’activité physique, notamment pour ses bienfaits documentés sur la santé et le bien-être des individus. Durant ses études de baccalauréat et de maîtrise en kinésiologie, des expériences professionnelles dans le milieu de la recherche lui  ont permis de se familiariser avec les exigences physiques de métiers comme ceux d’ambulancier, de magasinier et de préposé à la reprographie. Elle a notamment travaillé sous la direction de Philippe Corbeil, du Groupe de recherche en analyse du mouvement et ergonomie (GRAME), du Département de kinésiologie de l’Université Laval. Elle a obtenu une bourse de maîtrise de l’IRSST aux concours 2012-2013 sécurité du travail. Actuellement doctorante en kinésiologie, bénéficiaire d’une bourse d’études supérieures de l’Institut (2013-2014) un groupe de travailleurs chez qui la prévalence de troubles musculosquelettiques (TMS) est élevée. Philippe Corbeil est son directeur de recherche et Marie Bellemare, du Département de sciences sociales de l’Université Laval, sa codirectrice.