La chaussure antidérapante parfaite n'existe pas - Comment choisir celle qui convient ?

chaussure antidérapante
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Dans un monde idéal, il n’existerait qu’un seul modèle de chaussure antidérapante qui conviendrait à tous, dans toutes les situations, et éliminerait tous les risques. Ce n’est malheureusement pas le cas.

Différents facteurs entrent en ligne de compte et tous les travailleurs n’ont pas les mêmes besoins. Des chercheurs de l’IRSST se sont penchés sur le sujet. Les résultats de leurs travaux ont donné lieu à la production du fascicule Comment choisir une chaussure de travail antidérapante. Ce fascicule, qui s’adresse aux membres des comités de santé et de sécurité, aux acheteurs et aux travailleurs, propose une démarche par étapes permettant de choisir une chaussure qui, tout en étant adhérente, répond aux autres types de risques.

La marche à suivre

La méthode proposée, qui peut être adaptée selon le milieu de travail, commence par la formation d’un comité de sélection comptant des travailleurs qui connaissent bien leur environnement de travail et les tâches à accomplir. Ce comité devra considérer tous les facteurs pertinents décrits dans le fascicule, soit l’environnement de travail, la présence de contaminants, la saison et la température, les tâches à accomplir et le fait qu’elles soient exécutées à l’intérieur ou à l’extérieur, le respect des normes de santé et de sécurité, l’ergonomie, le rapport qualité-prix des chaussures ainsi que les critères des travailleurs en matière de confort et d’esthétique.

Les auteurs insistent sur le choix de la semelle et suggèrent divers éléments qui peuvent influer sur son adhérence. Une mise en garde s’impose : il faut éviter de faire un choix basé uniquement sur l’information fournie dans les brochures publicitaires. Le fascicule indique d’ailleurs une série de critères à valider auprès du fournisseur.

Comme il est important de ratifier le choix des chaussures avant d’en faire l’achat, il est recommandé de s’en procurer d’abord quelques paires que des travailleurs pourront essayer dans les conditions habituelles d’exercice de leur fonction afin que chacun choisisse ce qui lui convient le mieux. La démarche propose de vérifier par la suite qu’ils portent effectivement les chaussures. Sinon, il faut investiguer pour comprendre pourquoi ils ne le font pas.

Enfin, il est important de s’assurer que le choix demeure approprié. Par conséquent, si des accidents ou des incidents se produisent malgré tout, il faut prendre note du modèle de chaussures portées et de leur état. Il faut aussi tenir compte de l’environnement et de la tâche effectuée ; si l’un ou l’autre a changé, peut-être faudra-t-il aussi changer de modèle.

Toutes ces étapes sont décrites en détail dans le fascicule.

Le coefficient de frottement

Une chaussure qui surpasse les exigences de sécurité minimales peut contribuer à réduire les risques de glissade et de chute sans toutefois les éliminer complètement. La conception n’est pas le seul facteur en cause : un modèle peut donner de très bons résultats en laboratoire et s’avérer inefficace sur les lieux de travail.

Les glissades se produisent parce que le frottement entre la chaussure et le sol ne suffit pas à assurer l’adhérence nécessaire pour que le travailleur reste en équilibre. Ce qu’on appelle le coefficient de frottement est la mesure de la résistance au glissement entre la chaussure et la surface du sol, cette dernière pouvant être contaminée (eau, huile, saleté). Plus ce coefficient est élevé, meilleure est l’adhérence.

Une glissade peut donc être évitée lorsque la chaussure ou le sol offrent une bonne résistance au glissement ou lorsque la personne marche lentement ou fait de petits pas.

Des études ont démontré que le coefficient de frottement adéquat pour la marche varie de 0,15 à 0,31, alors qu’il est de 0,48 à 0,83 pour la course.

Pour en savoir plus

GAUVIN, Chantal. Comment choisir une chaussure de travail antidérapante, RF-943, 10 pages.

Aussi offert en anglais : How to Choose Slip-Resistant Occupational Footwear, RF-951, 10 pages.

Conférence de Chantal Gauvin sur vidéo.

GAUVIN, Chantal, David PEARSALL, Mohsen DAMAVANDI, Yannick MICHAUD-PAQUETTE, Bruno FARBOS, Daniel IMBEAU. Facteurs de risque associés aux glissades chez les policiers et les brigadiers scolaires – Étude exploratoire, R-856, 87 pages.