Chauffage, ventilation et climatisation : Une approche pour mieux juger de l’état de salubrité des systèmes

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Source : IStock

Une étude de l’IRSST propose une nouvelle approche pour évaluer la présence de la charge mycologique de la poussière déposée dans les conduits des systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation de l’air (CVCA). Elle ajoute un critère à la décision de déclencher le nettoyage de ces conduits, souvent basée uniquement sur leur contenu en poussière.

Les occupants des bâtiments peuvent être exposés aux particules microbiennes qui se déposent sur les surfaces internes des conduits lorsqu’elles sont remises en suspension. Le lien entre le syndrome des immeubles de bureaux et des systèmes de ventilation contaminés est d’ailleurs connu. On soupçonne que plusieurs symptômes non spécifiques soient liés à la contamination microbienne des conduits de ces systèmes. C’est le cas de la rhinite, de la fièvre des humidificateurs, de l’asthme et de la pneumonie d’hypersensibilité.

Actuellement, c’est une inspection visuelle du dépôt de poussières qui sert à déterminer le moment de nettoyer les conduits de ventilation. Certaines organisations, dont l’IRSST, ont proposé des critères de déclenchement du nettoyage des réseaux aérauliques des systèmes CVCA fondés sur une méthode d’évaluation de la quantité de poussière. Celle-ci permet d’évaluer objectivement la propreté des conduits et pallie la subjectivité attribuable aux seules inspections visuelles. Elle ne considère toutefois pas la charge mycologique de ces poussières.

Microbiologiste à l’IRSST, Geneviève Marchand rappelle qu’une évaluation adéquate de la salubrité des conduits de ventilation nécessite de considérer les deux critères : la masse de poussières et la biomasse mycologique. La recherche qu’elle et son équipe ont menée visait à aider les gestionnaires des édifices à porter un jugement éclairé sur l’état de salubrité des systèmes CVCA.

Deux méthodes de prélèvement

L’équipe a d’abord mis au point deux méthodes de prélèvement des poussières déposées, puis les a évaluées en fonction de leurs performances et de leurs limites à mesurer la biomasse mycologique présente. Les prélèvements ont été effectués dans les conduits d’alimentation et les retours d’air de bâtiments aux vocations variées, soit une usine de filtration d’eau, un hôpital, deux CLSC, un centre d’hébergement pour personnes âgées, une école secondaire, une université et une tour de bureaux.

C’est la méthode par aspiration avec la cassette Environmental Monitoring Systems (EMS) munie d’un embout intégré qui a livré le meilleur résultat. Elle a en effet démontré une excellente efficacité de prélèvement, soit plus de 98 % lorsqu’elle était entièrement traitée.

Quatre méthodes d’analyse

Dans le second volet de cette étude, les méthodes d’analyse de la biomasse mycologique ont été évaluées. La méthode q-PCR universelle s’est avérée simple, rapide et performante, avec une limite de détection très faible et des délais de traitement inférieurs à 24 heures. En raison de son efficacité et de son faible coût, elle s’est avérée la plus adéquate pour évaluer la salubrité des systèmes de ventilation.

L’approche proposée est très performante pour effectuer des prélèvements de poussières déposées dans les conduits des systèmes de ventilation et pour les analyser. Elle a démontré clairement que la quantité de poussières ne peut à elle seule déterminer la salubrité d’un système. Des concentrations élevées de moisissures ont ainsi pu être mesurées dans de petites quantités de poussières.

Pour en savoir plus

MARCHAND, Geneviève, Nancy LACOMBE, Carole PÉPIN, Marie-Jeanne BIYEYEME BI MVE, Carol-Anne VILLENEUVE, Marie GARDETTE, Jacques LAVOIE, Maximilien DEBIA, Yves CLOUTIER. Évaluation de la biomasse mycologique sur les surfaces des réseaux aérauliques des systèmes de ventilation, R-965, 83 pages.

LAVOIE, Jacques, Geneviève MARCHAND, Yves CLOUTIER, Yves BEAUDET, Jérôme LAVOUÉ. Chauffage, ventilation et conditionnement d’air – Validation, dans des conditions réelles, des critères de déclenchement du nettoyage des systèmes, R-657, 25 pages.