La CSA, un pilier en matière de normes et de certification

Un casque subit un test d'impact. Photo : Guy Sabourin
Photo : Guy Sabourin

C’est le 16 septembre 2015 que le Groupe CSA inaugurait l’agrandissement de ses nouvelles installations, à Pointe-Claire, dans l’ouest de Montréal. Convoqués pour l’occasion, journalistes et invités ont pu non seulement visiter les laboratoires, mais aussi assister à des tests sur des équipements de protection individuelle.

Le laboratoire élargi comporte notamment une enceinte d’essai à environnement contrôlé, deux nouvelles tours d’impact pour les essais sur les casques et les chaussures de sécurité, un nouvel équipement d’essai à la compression et un canon à projectile pour les essais sur les visières.

Même s’ils sont très techniques et branchés à des logiciels sophistiqués qui produisent immédiatement des courbes sur des écrans d’ordinateur, les essais miment les conditions réelles d’utilisation. Un casque de sécurité laissé dans une voiture où il peut faire jusqu’à 60o C par une chaude journée d’été sera-t-il aussi résistant en cas de choc ? Son matériau sera-t-il altéré ? Pour le savoir, le technicien CSA place le casque dans un four et lui fait ensuite subir un test d’impact quand il est bien réchauffé, sur une tour spécialement conçue à cet effet. La même question qui se pose pour la chaleur vaut aussi pour le grand froid. Le casque sera donc placé au congélateur, à température contrôlée, et son test d’impact pourra garantir sa résistance à l’air polaire.

Les tests d’impact sont conçus pour vérifier la capacité des casques à absorber l’énergie générée par des chocs sur le dessus et sur les côtés, et aussi par différents types de chocs produits par des objets sphériques ou en pointe. Ils subissent des impacts en chute libre de 55 ou de 30 joules, selon l’emplacement de l’impact. La fausse tête placée à l’intérieur du casque doit rester intacte.

Le Groupe CSA utilise un scénario semblable pour tester les chaussures et les couvre-chaussures de protection à embouts protecteurs. La tour d’impact relâche un percuteur en chute libre de 23 kg qui vient heurter l’embout protecteur à partir d’une hauteur prédéterminée. L’appareil enregistre la hauteur, la vitesse de chute et l’énergie d’impact au point d’impact. La botte, selon sa catégorie, doit pouvoir encaisser un impact de 125 ou de 90 joules.

C’est un petit cylindre de pâte à modeler inséré à l’intérieur de l’embout protecteur qui détermine si la chaussure passe ou non le test. Il sert à mesurer la compression qu’a subie l’embout protecteur à la suite de l’impact. Si la pâte à modeler est trop écrasée, les orteils seraient en bouillie… et la chaussure ne passerait pas le cap du test. Et ce n’est pas à l’œil que l’examinateur le détermine : il place le cylindre de pâte à modeler dans un appareil qui mesure exactement l’écrasement après l’impact.

La semelle de protection métallique de la chaussure est également soumise à rude épreuve. Un appareil lui fait subir 1,5 million de flexions. L’examinateur vérifie ensuite la présence de fissures ou de cassures. Un autre appareil teste la résistance à la pénétration de la semelle à l’aide d’un outil effilé. Ainsi passées au peigne fin, les chaussures qui réussissent l’examen peuvent supporter l’équivalent de 5 080 kg de traction ou de compression, soit davantage que le poids d’une automobile, et recevoir le sceau « Certifié CSA » qui figure sur des milliards de produits à travers le monde. La CSA a également testé devant les invités l’étanchéité d’une boîte de plastique qui sert à protéger l’équipement électrique. Dans des milieux de travail comme les usines à viande ou les fermes, l’équipement est lavé à grands jets d’eau à pression. Pour des raisons évidentes de sécurité, le boîtier qui recouvre les appareils ou les commandes électriques doit rester parfaitement étanche. Le vérificateur place une crème à l’intérieur du boîtier qui, si l’eau la touche, change immédiatement de couleur. Il arrose ensuite le boîtier durant trois minutes avec un débit de 240 litres par minute en déplaçant la buse le long de chaque joint. Si, à la fin de l’essai, il ne constate aucune pénétration d’eau, la boîte passe le test.

La naissance d’une norme au Canada

Pour devenir une norme nationale au Canada, une norme doit avoir été élaborée par un comité d’intéressés bien représentés (industrie, gouvernement, milieu universitaire et intérêts du public) à partir d’un besoin réel, avoir été minutieusement examinée par le public, exister dans les deux langues officielles, être compatible avec les normes internationales existantes et les normes étrangères correspondantes ou en reprendre les termes et enfin ne pas constituer un obstacle au commerce.

L’accréditeur accrédité !

Un organisme comme la CSA, qui teste des produits et appose son logo sur ceux qui réussissent l’examen, doit être lui-même accrédité. C’est le Conseil canadien des normes, un organisme gouvernemental, qui s’en charge. « En gros, le gouvernement nous dit qu’un organisme qui teste des produits doit savoir ce qu’il fait », résume Stéphane Larivière, directeur de l’exploitation du bureau montréalais du Groupe CSA.

Les organismes d’élaboration de normes peuvent travailler dans tous les domaines possibles, mais ils ont généralement une spécialité correspondant aux compétences de leurs comités techniques, en plus d’être actifs sur un territoire déterminé. Le Groupe CSA se spécialise dans l’équipement de protection individuelle, la construction, les bâtiments et les infrastructures, l’éclairage, les appareils de chauffage, de ventilation, de climatisation et de réfrigération, la technologie de l’information et des télécommunications, les matériaux polymères, la plomberie, l’appareillage électrique et le contrôle industriel, entre autres.

La norme CSA est essentiellement nord-américaine, même si elle certifie partout dans le monde. « Pour aider les fabricants, les comités de normes associent des normes. Par exemple, un comité canadien peut s’inspirer d’une norme ISO existante et l’adapter aux règles canadiennes. Ça évite de créer une norme à partir de zéro et ça permet de disposer d’une norme et de certifier plus rapidement », précise Stéphane Larivière.

Les normes ne sont jamais immuables. Une très impressionnante armée de 30 000 membres et volontaires, à raison de 10 à 20 membres par comité, revoit les quelque 3 000 normes et codes CSA tous les trois ans. « La révision d’une norme peut prendre de trois mois à deux ans, en fonction des changements proposés, explique Stéphane Larivière. Si la révision concerne par exemple la force d’impact d’un test, la durée de vieillissement lors de l’exposition aux rayons ultraviolets ou la température des fours, c’est facile et on s’adapte rapidement. Mais si la révision concerne carrément la méthode d’essai, il faut nous rééquiper. »

Tous les produits n’ont évidemment pas besoin d’être certifiés. Mais certains d’entre eux ont cette obligation par règlement (équipement de protection individuelle, pièces électriques, par exemple). Dans ces cas, pour un même produit, la même norme s’applique à travers le Canada, quelle que soit l’agence de certification qui lui fait passer les tests. Le Canada et les États-Unis s’entendent généralement pour exiger des normes uniques, de sorte que les fabricants n’aient pas besoin de modifier leur produit pour le vendre dans le pays voisin. Dans les cas où des produits ne réussissent pas les tests, les experts du Groupe CSA engagent des discussions avec le fabricant et lui indiquent quoi modifier pour que le produit sorte gagnant de la prochaine ronde de tests.

À propos du Groupe CSA

Propriétaire des appellations légales Canadian Standard Association, CSA, CSA International, Association canadienne de normalisation et ACNOR, le Groupe CSA est une association indépendante à but non lucratif qui se consacre à la sécurité. La CSA est née en 1919 et sera donc centenaire dans quatre ans. Elle occupe l’une des premières places mondiales en matière de normes et de certification. Son attestation par le Conseil canadien des normes est d’ailleurs double : elle est à la fois un organisme d’élaboration de normes et un organisme de certification.

Son expertise passe par des services-conseils, des formations, des tests en laboratoire et la remise de certificats. Ses bureaux et laboratoires se retrouvent en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.

Avant même la commercialisation d’un produit, un fabricant peut avoir besoin d’être guidé à travers l’univers des normes, qu’elles soient canadiennes ou internationales. Le Groupe CSA peut le renseigner sur les normes qui s’appliquent à un produit pour son marché cible, l’aider à comprendre les exigences techniques et l’épauler pour passer à travers le processus de certification. Des formateurs CSA peuvent également animer en entreprise des séminaires sur les normes. Des experts CSA peuvent aussi se rendre chez des fabricants ou des sous-traitants pour valider leurs installations et leur propre processus de certification à l’interne.

 


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