Pharmascience Une culture durable en santé et sécurité au travail

Pharmascience

La promotion de la santé et de la sécurité au travail est prise très au sérieux chez Pharmascience, une entreprise pharmaceutique montréalaise spécialisée en fabrication de médicaments génériques. Afin d’être un employeur de choix dans son domaine, Pharmascience a amorcé plusieurs projets pour sensibiliser ses employés à la prévention de la SST et à l’importance d’établir une culture d’interdépendance.

Si les établissements d’enseignement méritent leur propre variante, les employés de nos usines, de nos laboratoires, de nos entrepôts et du centre de distribution situés à Montréal, sont exposés à différents risques, entre autres mécaniques, chimiques et ergonomiques. Toutes les précautions nécessaires doivent donc être prises afin de réduire les risques d’accident au travail. Jean- François Villeneuve, coordonnateur en santé, sécurité et environnement de l’entreprise, et son équipe travaillent d’arrache-pied pour mettre en place différents mécanismes : « Auparavant, plusieurs accidents se sont produits dans l’entreprise et nous avons décidé de nous prendre en main. Nos employés sont précieux pour nous. Ils méritent que nous investissions de l’énergie dans la prévention de la santé et de la sécurité au travail. Nous voulons être un employeur de choix et pour ça, nous devons prendre soin de nos employés et développer cette valeur. »

Promouvoir une culture d’interdépendance

Depuis 2014, la promotion d’une culture d’interdépendance et de prise en charge du milieu, qui amènera progressivement vers le « zéro blessure », est véhiculée entre les murs des établissements. Ce principe s’inspire de la courbe de Bradley, développée en 1994 par Vernon Bradley, dans le groupe de recherche DuPont. Selon M. Villeneuve, sans cette culture d’interdépendance, le « zéro blessure » est inatteignable. Également, pour les accompagner dans ce changement de culture, l’entreprise s’est associée à un coach professionnel en santé et sécurité. Ce dernier l’a grandement aidée à structurer sa démarche. Par ailleurs, lorsque Pharmascience a entrepris son évolution, l’entreprise se trouvait dans une culture « réactive », le premier de quatre stades : la sécurité relevait parfois du « gros bon sens », de la conformité minimale, et reposait essentiellement sur les épaules de l’équipe de SST. Les décisions découlaient trop souvent d’une réaction à un événement. L’entreprise a ensuite démontré un engagement plus ferme en termes de SST : attentes claires, analyse des risques au poste de travail, formation des gestionnaires, des superviseurs et des employés, rigueur dans l’application des méthodes appropriées de travail et sur le port de l’équipement de protection, mise en place d’activités clé de prévention (audit, rencontre d’équipe, etc.), indicateurs de mesure et suivis. Cette étape est cruciale dans l’évolution de la culture, car elle part de la direction et définit son leadership et sa crédibilité. Par contre, l’entreprise ne voulait pas rester à ce stade de « dépendance » de la courbe de Bradley, car trop de comportements sont encore dépendants de la présence des supervieurs et de la peur des conséquences. Actuellement, l’entreprise progresse vers le troisième stade : l’indépendance. De plus en plus d’employés décident d’être sécuritaires pour euxmêmes, afin de rester en santé. Ils ont développé la valeur de la santé et la sécurité au même titre que nos autres normes de fabrication. Le « zéro accident » devient alors réalisable. Lorsque les superviseurs effectuent des tournées sur le plancher, ils observent de moins en moins de comportements à risque et de plus en plus d’employés interviennent entre eux pour s’aider à être « alertes ». « Comme nous avons beaucoup d’opérations répétitives avec des risques modérés, c’est assez facile de tomber sur le pilote automatique ou dans l’excès de confiance souligne M. Villeneuve. D’où l’importance pour les superviseurs de mobiliser leurs équipes vers l’entraide. Quand on peut arriver culturellement à ce stade d’interdépendance où chacun est un peu le gardien des autres, le “zéro accident” est réalisable et durable. »

L’entreprise a également formé ses superviseurs sur l’importance de la rétroaction positive, de la reconnaissance des efforts dans le changement d’habitudes et ça a eu un effet positif sur le plancher : entraide accrue, initiatives sécuritaires, déclaration des OUFS, reconnaissance et correction des risques, partage des bons coups, etc. C’est un travail en continu et la rigueur de la démarche doit être maintenue. Toutefois, depuis son lancement en 2014, une diminution du nombre d’accidents total de près de 50 % a été constatée dès la première année. D’ailleurs, chaque travailleur des usines et des centres de distribution a une carte de l’évolution de la courbe de Bradley avec sa carte d’employé.

Des comités actifs

Selon Mourad Agguini, inspecteur de la CNESST à la Direction régionale de l’Île-de-Montréal-3, la présence d’un mécanisme actif permettant la participation des travailleurs dans le système de gestion de la santé et la sécurité au travail, comme on trouve chez Pharmascience, est essentielle. À cet effet, un comité paritaire d’environ dix personnes est formé sur chacun des sites de Pharmascience. Nous tenons des réunions mensuelles, dont le contenu est communiqué aux travailleurs lors des rencontres hebdomadaires et quotidiennes qui ont lieu dans chaque secteur de production. Lors de celles-ci, six indicateurs, affichés sur un tableau à la vue de tous les employés, sont abordés. Chaque unité fait le tour des événements survenus dans les dernières 24 heures et les actions qui ont été mises en place pour les contrer. Ensuite, lors du point « interactions de sécurité », deux ou trois comportements à corriger dans le mois sont ciblés. Les employés doivent donner des points positifs et ensuite des correctifs à apporter. « Par exemple, en entrepôt, nous utilisons des films transparents pour envelopper les palettes, mais l’opération n’était pas faite correctement. Ce point a donc été traité comme interaction de sécurité et c’est un “focus” que nous ferons dans le prochain mois. Chaque fois que nous verrons quelqu’un travailler avec les palettes, nous allons intervenir pour faire du renforcement positif ou correctif », mentionne Jean-François Villeneuve. C’est important d’impliquer les employés dans la solution et de profiter de leur savoir-faire.

La présence d’un mécanisme actif permettant la participation des travailleurs dans le système de gestion de la santé et la sécurité au travail, est essentielle.

Les employés peuvent également partager leurs préoccupations en santé et sécurité sur un tableau. Cela responsabilise nos gestionnaires quant à la rigueur de suivi et renforce également leur crédibilité. Le tableau comprend également une section « bons coups », puisque selon Pharmascience, il est important de reconnaître que les gens font une différence en santé, sécurité. Pour favoriser l’implication des employés et leurs initiatives, un programme de reconnaissance a été mis sur pied. « Les travailleurs vont soulever une problématique, vont proposer des correctifs et prendre en charge le processus jusqu’à la fin du dossier », explique M. Villeneuve. Ils remplissent ensuite un formulaire de programme de reconnaissance qui, à la suite de l’évaluation du comité paritaire (importance et impact, gravité du risque, etc.) peut leur faire gagner des prix. « Petits ou gros projets, ça encourage nos travailleurs à participer ! », poursuit-il.

Un programme d’accueil complet

Afin de bien ancrer l’importance de la santé et de la sécurité au travail, peu importe ses fonctions, la première personne qu’un nouvel employé rencontre chez Pharmascience est un membre de l’équipe de santé et de sécurité. Une séance d’accueil a lieu lors de la première journée, au cours de laquelle le nouveau travailleur est informé des procédures ainsi que des directives internes concernant la SST, du SIMDUT, de l’ergonomie, des mesures d’urgence, etc. Lors de la deuxième journée, le travailleur visite les différents secteurs, usines, entrepôts, centres de distribution et laboratoires. Les représentants du comité de santé et de sécurité le prennent en charge afin de lui présenter les différents secouristes se trouvant dans l’établissement, de localiser les trousses de premiers soins, de lui expliquer les règles spécifiques à chaque secteur et d’effectuer un test d’ajustement des masques respiratoires. L’équipe de récupération des matières dangereuses, HAZMAT, lui sera également présentée. Il s’agit d’une trentaine de volontaires, qui ont été formés sur l’analyse et l’intervention en cas de déversement de produits dans les différents établissements.

Une collaboration édifiante

Mourad Agguini se réjouit de la collaboration de l’entreprise avec la CNESST. « Les correctifs mis en place à la suite d’un avis de correction émis à l’employeur sont de qualité. La collaboration et l’implication active des travailleurs et leurs représentants et de leur employeur sont exemplaires. » Jean-François Villeneuve et son équipe visent encore plus loin. Selon lui, il reste encore du travail à faire pour atteindre le stade « zéro blessure ». « Passion, rigueur et courage sont les trois mots que nous véhiculons pour garder le “focus” sur notre objectif de diminuer nos risques et de créer une culture d’interdépendance. »