Cascades Enviropac, division Saint-Césaire

Chez Cascades Enviropac, division Saint-Césaire, une quarantaine d’employés fabriquent et découpent du carton fait de fibres recyclées et servant à emballer les objets fragiles. C’est l’une des quarante entreprises relevant du Groupe Produits Spécialisés en Amérique du Nord, mais c’est surtout l’une des plus proactives en matière de santé et de sécurité du travail. Petite histoire d’une équipe forte et unie pour la prévention.

 

En 2009, le géant du papier Cascades fait l’acquisition des Emballages GAB, qui devient Cascades Enviropac. Le changement de propriétaire amène un changement de la philosophie de gestion. Cascades y implante la culture pour laquelle elle est reconnue, celle de mettre le respect des employés au premier plan. La santé et la sécurité du travail s’inscrit directement dans cette valeur. « Nous voulons des milieux de travail sécuritaires et productifs, qui favorisent l’épanouissement de la santé physique et mentale du personnel, explique M. Abdelghani Harbouli, directeur d’usine. Les seuls comportements acceptables sont ceux qui ne comportent pas de risques », ajoute-t-il. 

Pour commencer, il a fallu doter l’établissement des structures organisationnelles en santé et sécurité du travail standards à tous les établissements de Cascades. Une série d’actions ont donc été prises pour s’assurer que les processus et les infrastructures sont sécuritaires. Ces mesures incluaient notamment un programme de cadenassage, le respect du SIMDUT, le port de l’équipement de protection individuelle, et plus encore. Après que l'on ait réalisé une analyse des risques dans l’usine, certains ont été déterminés comme étant prioritaires, par exemple la sécurisation des machines et la cohabitation entre les chariots et les piétons. 

C’est ainsi que plus de 200 protecteurs ont été installés, la plupart étant le fruit de l’équipe interne. Par exemple, un protecteur a été conçu à partir d’une aile de remorque. Pour 15 $, l'équipe a pu sécuriser un tour conventionnel. 

« Nous devons fonctionner avec les moyens que nous avons, on est créatif et on trouve des solutions efficaces et souvent peu dispendieuses », dit M. Harbouli. 

Pour illustrer l’ingéniosité de cette équipe, mentionnons la réduction du bruit dans l’usine. Des mesures avaient démontré que le niveau de bruit était de 85 décibels, avec des pointes de 103 décibels, ce qui est à la limite des normes. Les systèmes existant sur le marché étaient dispendieux et mal adaptés aux besoins de l’usine, car les chambres à air se remplissaient de fibres de papier et se bouchaient. Pour résoudre ce problème, le superviseur technique Samuel Dion a eu l’idée d’installer un dispositif semblable à celui qu’il trouve sur son véhicule tout-terrain. Il a donc conçu avec son équipe une chambre de résonance, avec des trous pour permettre une aération adéquate, à laquelle on a ajouté de la laine minérale. Ces changements ont permis de réduire le bruit de 15 à 25 %, le port de coquilles n’étant pas nécessaire. Une différence qui s’entend ! 

Une autre cible prioritaire a été de sécuriser les endroits où peuvent se retrouver caristes et piétons. Les travailleurs étaient donc exposés à des risques de collision. La coordonnatrice en santé et en sécurité au travail (SST) de l’entreprise, Danielle Maltais, a conçu une grille d’analyse novatrice permettant de cibler les endroits à risque dans l’établissement. Après l’analyse complète des lieux et des méthodes de travail, le comité SST et Mme Maltais ont réalisé un plan de circulation pour délimiter trois types de zones : les endroits auxquels seuls les piétons ont accès, les endroits où il peut y avoir cohabitation et les endroits réservés aux chariots élévateurs. Ces zones sont maintenant clairement circonscrites par des corridors de couleur et par des affiches répondant précisément aux besoins de l’établissement. Les méthodes de travail ont été revues de façon à bien définir la marche à suivre dans les zones de cohabitation. Depuis l’implantation de ces nouvelles façons de faire, les caristes comme les piétons peuvent travailler en toute sécurité. « J’ai été impressionné par l’excellence et le professionnalisme du guide préparé pour le projet de cohabitation chariot élévateur-piétons » déclare Michel Charbonneau, inspecteur à la CSST, région de la Yamaska. Pour ce projet, Cascades a d’ailleurs été retenue comme finaliste à la remise régionale des Grands Prix SST dans la Direction régionale de la Yamaska en 2013.

Agir sur les comportements

Pour M. Harbouli, tous ces efforts n’étaient pas suffisants : « Pour faire vivre la SST au quotidien, les structures sont indispensables, mais il faut aller plus loin pour développer une culture en SST et agir sur les comportements. Il faut que les gens se l’approprient [la SST]. Il faut partager le leadership, tout le monde devient responsable et ça se sent. » Eh bien, c’est mission accomplie dans cet établissement ! L’équipe rencontrée en entrevue était unie, cohérente et mobilisée autour d’un objectif commun : zéro accident. L'établissement a d’ailleurs un record de 761 jours sans accidents. « J’ai vite réalisé dès la première visite que la SST n’était pas l’affaire d’une seule personne, mais de tous les travailleurs », affirme Michel Charbonneau. Aux dires de l’inspecteur, c’est une équipe énergique qui n’hésite pas à se concerter pour trouver des solutions aux risques présents. 

Quand on leur demande comment ils ont fait pour en arriver là, les membres de l’équipe se regardent, se consultent. « Ça vient tout seul quand on travaille tous ensemble », disent-ils tous presque à l’unisson. D’abord, la direction montre l’exemple, partout, tout le temps. Les travailleurs ont appris à faire de même, si bien que tout le monde maintenant s’entraide. Bien sûr, le comité de SST de l’établissement est dynamique. Il regroupe chacun des superviseurs de service, le directeur d’usine et un facilitateur, qui est un travailleur libéré à 30 % pour s’occuper essentiellement de SST. Il participe à de nombreux projets, comme l’animation d’activités, la réalisation d’audits internes, et plus encore ! Chaque jour commence par une réunion et la SST est toujours le premier sujet abordé. Un programme d’observation a été mis en place. Les travailleurs peuvent signaler des risques ou dénoncer une méthode de travail, de façon anonyme. Depuis 2011, le comité SST reçoit entre 150 et 200 signalements du genre chaque mois. Une analyse est faite rapidement et des mesures sont prises immédiatement si le risque est majeur. 

Le comité a même organisé une activité où les enfants des employés étaient invités à visiter l’usine et à déterminer les zones à risque. Des photos, avec des messages de prévention, figurent dans l’usine. « Quand c’est ton gars qui te dit de faire attention et que tu as sa photo à côté de ta machine, le message passe fort ! » mentionne Jocelyn Després, superviseur de production. 

Un autre projet consistait à ce que pendant une journée, un employé prenne la place du directeur et vice-versa. Une bonne façon de comprendre la réalité d’un côté comme de l’autre ! Pour 2014, cette activité est reconduite, tout comme une dizaine d’autres projets rassembleurs qui sont actuellement sur la planche à dessin. 

Rien n’est laissé au hasard en matière de prévention, surtout lorsqu’un nouvel employé est embauché. Dès son arrivée, le travailleur reçoit de la formation en SST, conformément au guide d’accueil de l’usine. Les nouveaux sont aussi parrainés pendant quelques semaines. Avant qu’ils puissent travailler seuls, une fiche doit être signée par leur parrain, qui atteste que le nouveau sait travailler seul en toute sécurité et dans le respect des règles en SST. Là aussi, on voit les effets de la responsabilité partagée, car en plus de l’aide de son parrain, le nouvel employé est soutenu par tous les autres collègues, dans un esprit de collaboration. « Lorsqu’un jeune arrive, souvent, il essaie d’aller vite, de faire bonne impression. Il faut souvent les ralentir et leur expliquer qu’on fait ça pour eux », nous révèle M. Després. 

Chez Cascades Enviropac, division Saint-Césaire, le moins qu’on puisse dire, c’est que l’équipe a su relever le défi de la prévention ! Si ses membres ont peine à trouver les mots justes pour décrire les ingrédients de leur succès, on les perçoit dans leurs gestes, dans les actions et dans le respect entre les collègues. Espérons maintenant que leur expérience puisse être mise au profit des autres entreprises qui cherchent à implanter une culture de prévention. .


Photo: Cascades Enviropac, division Saint-Césaire  Photo: Cascades Enviropac, division Saint-Césaire 
Photos: Cascades Enviropac, division Saint-Césaire
Les zones de circulation pour les piétons ou pour les chariots élévateurs sont circonscrites par des corridors de couleur et par des affiches répondant spécifiquement aux besoins de l'établissement. Les caristes comme les piétons peuvent ainsi travailler en toute sécurité.
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