Immersion dans la formation virtuelle

Source : Shutterstock
Source : Shutterstock

Initialement conçues pour les jeux vidéo, les technologies de réalité virtuelle trouvent maintenant une nouvelle utilité dans le domaine de la formation. L’outil de divertissement devient un outil formateur qui place l’utilisateur dans un environnement réaliste et immersif, avec comme but précis le développement des apprentissages de manière sécuritaire.

Dans le cadre du Grand Rendez-vous santé et sécurité du travail de la CNESST, l’entreprise Santinel a fait le lancement de son prototype de formation virtuelle. Deux types de formations sont actuellement à l’essai, soit celle sur le secourisme et celle sur la prévention des incendies, chacune disposant d’une variété de scénarios. Bien qu’elles soient encore en période de développement, les deux expériences immersives laissent deviner le potentiel formateur des technologies de réalité virtuelle.

Dans l’un des scénarios proposés par l’entreprise, l’utilisateur doit éteindre un feu électrique dans une salle de serveurs informatiques en choisissant l’extincteur adéquat, sans oublier d’actionner l’alarme d’incendie avant d’évacuer et d’appeler les services d’urgence. Si le délai d’action est trop long, ou que le mauvais extincteur est utilisé, l’écran devient rouge pour simuler le manque d’air fictif du travailleur, et la simulation prend fin. En contrepartie, lorsque l’utilisateur parvient à sortir sain et sauf, le temps total est affiché pour illustrer la rapidité de ses réflexes d’urgence. D’un autre côté, l’un de ces tests de secourisme présente un accident de voiture lors duquel l’utilisateur doit prendre les signes vitaux des victimes et inspecter les lieux.

Source : Santinel
Les technologies de réalité virtuelle permettent des formations réalistes sans risque et à faible coût.
Source : Santinel

L’immersion dans l’un de ces mondes virtuels est simple : il suffit d’enfiler le casque doté de capteurs, puis de bien saisir les manettes tactiles. Le mouvement et les interactions, qui semblent un peu étranges au début, deviennent rapidement naturels et le sentiment d’être réellement sur les lieux s’intensifie. Chaque geste fait par l’utilisateur est transféré en temps réel dans la simulation, grâce à plusieurs capteurs qui délimitent une zone active de mouvement. Michaël Lapensée, coordonnateur des conseillers en services santé et sécurité du travail chez Santinel, voit ce type de projet comme une manière de fournir des formations à faible coût, mais surtout sans risque. « Notre objectif avec la réalité virtuelle, c’est d’aller chercher le meilleur environnement réaliste possible sans les risques. On ne peut pas allumer un feu dans une usine, c’est beaucoup trop dangereux, en plus de la question réglementaire qui se pose. »

M. Lapensée a noté un engouement chez les utilisateurs qui ont testé ces prototypes de formation lors du Grand Rendez-vous. « Plusieurs pompiers de formation se sont prêtés au jeu. La plupart ont été agréablement surpris, puisque le contexte et les réactions sont réels, mais sans la notion de danger. Les gens y voient une application pour leur milieu de travail en fonction de leur réalité. » La réalité virtuelle est un moyen de formation également exploré dans plusieurs autres domaines. Les chirurgiens et les étudiants en médecine commencent entre autres à l’utiliser pour pratiquer sans risque, et à répétition, des opérations délicates, alors que les astronautes de la NASA utilisent la technologie pour se préparer à diverses missions spatiales. Combinées à des technologies de retour haptique, les simulations peuvent permettre aux travailleurs de s’exercer à effectuer des opérations de haute précision.

Les casques de réalité virtuelle occupent déjà une place de choix dans certains domaines professionnels, que ce soit pour le pilotage d’avions militaires, le contrôle de drones industriels, et même en journalisme expérimental. Bien que la technologie en soit encore à ses balbutiements, les affaires vont bon train pour les entreprises derrière ces casques, avec plus d’un million d’unités distribuées.