LES GRANDS PRIX SST : Creuser pour trouver des idées novatrices!

Source : Groupe NH Photographes
Source : Groupe NH Photographes

Prendre un moment pour réfléchir aux différentes manières de réduire les dangers représente un beau défi. Quand la solution apparaît enfin, les travailleurs, les superviseurs et les directeurs d’une entreprise travaillent main dans la main pour concrétiser leurs idées. Chaque printemps, plus de 450 personnes se réunissent au Centre des congrès de Québec dans le cadre du concours des Grands Prix santé et sécurité du travail. Encore une fois, à l’occasion du Gala national 2018, qui s’est tenu le 1ER mai dernier, plusieurs grands projets ont été présentés.

En 2017, dans la catégorie Innovation, ce sont 220 réalisations qui ont été proposées à travers la province. De celles-ci, 42 étaient nommées et onze ont remporté les grands honneurs, y compris le Coup de cœur du public et Le Grand Prix SST 2018. Lors de cette même soirée, dans la catégorie Leader en santé et sécurité du travail (SST), un travailleur et un représentant d’employeur ont été honorés. Un établissement scolaire s’est également distingué dans la catégorie Éducation à la prévention. Voici donc les lauréats qui, chacun à leur manière, ont misé sur la prévention et le travail d’équipe pour régler de réels problèmes en santé et sécurité au travail.

Catégorie Leader en santé et sécurité du travail

Francis Audet
Francis Audet
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LAURÉAT
Représentant d’employeur

Francis Audet
Directeur des ressources matérielles et administratives
COMMISSION SCOLAIRE HARRICANA

Leader naturel, rassembleur et convaincant, Francis Audet est apprécié par tous ses collègues à la Commission scolaire Harricana (CSH). Il sait que le travail d’équipe est la clé du succès et a une vision moderne de ce que devraient être la santé et la sécurité en entreprise. « Francis sait diriger ses troupes et orienter les résultats avec sa vision à court, moyen et long termes. Il a compris que seul, on va plus vite et qu’ensemble, on va plus loin », relève Ignace Speybrouck, coordonnateur aux ressources matérielles et administratives. Il est impliqué dans divers projets qui lui tiennent à coeur et depuis 2014, il est président de la Table des ressources matérielles de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec. Il y présente des ateliers sur la santé et la sécurité au travail et y est en lien avec le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. De plus, à la suite de plusieurs demandes de sa part, un nouveau poste de régisseur en santé et sécurité a été créé à la CSH et est pourvu depuis novembre 2017. Il a aussi rédigé une lettre d’engagement en SST, que tous les employés de la CSH doivent signer avant de travailler. « Il reste du chemin à parcourir et des embûches à surmonter, mais avec Francis, nous sommes convaincus d’aller loin et d’être un exemple pour les autres commissions scolaires du Québec », conclut M. Speybrouck. Un leader qui se démarque par sa persévérance!

Louis Saint-Laurent
Louis Saint-Laurent
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LAURÉAT
Travailleur

Louis Saint-Laurent
Machiniste
SAFRAN SYSTÈMES D’ATTERRISSAGE

Fidèle au poste depuis 25 ans, Louis St-Laurent travaille comme machiniste chez Safran Systèmes d’Atterrissage. Il fait également partie du comité de santé et de sécurité du travail depuis vingt ans et agit comme représentant en prévention. Son leitmotiv : « Chaque petit geste qui mène à la protection d’un employé est une victoire. La santé et la sécurité du travail ne commencent ni ne s’arrêtent aux portes de l’usine ». Ses talents de communicateur, ses aptitudes de leadership et sa capacité d’adaptation font de lui un joueur clé dans l’élaboration de nouveaux projets. « Louis a le réflexe d’analyser les situations préoccupantes et d’y apporter des solutions innovantes et sécuritaires. C’est notre modèle! », mentionne Christian Nadeau, directeur de la maintenance et de la santé et de la sécurité dans l’entreprise. Par exemple, le vissage manuel lié aux opérations causait des douleurs aux avant-bras et aux poignets des machinistes. Grâce aux initiatives de Louis, les opérateurs utilisent désormais une perceuse à air comprimé et ne souffrent plus à cause de la répétition de mouvements. Il a également participé à la mise en place de plusieurs autres projets, dont des capsules thématiques mensuelles sur la santé et la sécurité du travail permettant de sensibiliser les employés aux dangers potentiels dans leur milieu. « Les travailleurs n’acceptent plus les risques et sont nettement plus conscients des dangers qui les entourent. Louis a une influence positive », note M. Nadeau.

Catégorie Éducation à la prévention

LAURÉAT

École Jacques-Ouellette

École Jacques-Ouellette
École Jacques-Ouellette
Source : Groupe NH Photographes

La sécurité, c’est notre priorité... Sommes-nous si préventifs qu’on le croit?

L’entreprise de tri, de déchiquetage et de compactage de papier confidentiel est active à l’intérieur de l’école Jacques-Ouellette, un établissement scolaire québécois se spécialisant dans l’enseignement auprès des jeunes de 15 à 21 ans ayant une déficience visuelle. Ces élèves stagiaires sont exposés à plusieurs dangers, notamment à des chutes, à des mouvements répétitifs et à des efforts excessifs, en plus des problèmes engendrés par leur condition visuelle. Ainsi, ils se sont réunis pour participer à une discussion de groupe sur les dangers liés aux postes de travail et sur les moyens de prévention possibles. L’installation d’une balustrade de protection autour de la presse hydraulique, la mise en place de protections en mousse sur les rebords de cette presse pour éviter de se cogner la tête ainsi que l’ajout d’un panneau de commande en braille ne sont que quelques adaptations physiques ajoutées sur une de leurs machines de travail. L’enseignement des règlements sécuritaires a permis de réduire les risques ergonomiques, psychosociaux et liés à la sécurité. « Nous avons constaté un degré de participation élevé de la part des stagiaires. Le fait qu’ils puissent s’exprimer librement a suscité de la motivation, diminué considérablement les problèmes de comportements inadéquats et a eu un effet rassembleur sur les jeunes », indique Oliver Matei, enseignant et superviseur de stages. L’école Jacques-Ouellette est sans aucun doute un milieu sécuritaire pour tous les élèves et les membres du personnel!

Catégorie Innovation

LE GRAND PRIX SST 2018

ArcelorMittal Exploitation minière Canada – Usine de bouletage

ArcelorMittal Exploitation minière Canada – Usine de bouletage
ArcelorMittal Exploitation minière Canada – Usine de bouletage
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Nouvelle unité de ventilation sur le toit

ArcelorMittal est une compagnie qui exploite une mine de fer à Fermont, dans le nord du Québec, ainsi qu'un chemin de fer, un port et une usine de bouletage à Port-Cartier. À l’usine, le concentré de minerai de fer y est transformé en boulettes d'oxyde de fer ; 9 millions de tonnes par année y sont d’ailleurs fabriquées.

Le toit de cette grande usine comporte seize ventilateurs servant à évacuer la chaleur, l'humidité et les poussières. « Pour effectuer l'entretien de ces gros appareils, il fallait entrer en espace clos, pour inspecter les composants et les poulies, et changer les courroies, explique Guy Saint-Louis, contremaître mécanique à l'usine. Les travailleurs pouvaient y passer au moins une heure. »

Un mécanicien industriel affecté à cette tâche, Bobby Fortin, n'était pas très à l'aise d’entrer, ni de circuler sur le caillebotis, à travers lequel on aperçoit le plancher de l'usine, des dizaines de mètres plus bas. Il trouvait difficile d'inspecter ce grillage qui le soutenait, en plus de devoir travailler à genoux, le dos courbé et dans un espace restreint, pour passer en revue les diverses pièces mécaniques du ventilateur. Le travail comportait des risques d’intoxication par des particules ou de la fumée, mais également des risques de se frapper contre les structures, de se coincer les doigts ou les mains, de subir le bruit du meulage ou d’échapper des outils à travers le caillebotis, ce qui aurait pu blesser d’autres travailleurs dans l'usine. « Lors d’une inspection, j’ai eu l’idée de concevoir un ventilateur qui nous faciliterait la tâche et nous éviterait d’entrer à l’intérieur des appareils », explique Bobby Fortin.

De l’idée à la conception, puis à la réalisation, le travail s’est déroulé en plusieurs étapes cruciales. L’entreprise a tout de suite voulu démontrer son soutien. « Beaucoup d'efforts sont déployés par la direction et les employés pour améliorer la santé et la sécurité de notre environnement de travail », indique Patrick Malenfant, chef du procédé, métallurgie et recherche. « Quand les travailleurs présentent des projets, le contremaître laisse du temps lors des quarts de travail, afin qu'ils continuent à développer leurs idées », ajoute Jacques Lajoie, représentant en prévention. « Lorsque Bobby m'a présenté son projet, j'ai été enchanté. Il réglait plusieurs problèmes de santé et de sécurité à la fois. La compagnie a tellement aimé son idée qu'elle a décidé de participer et de changer les ventilateurs de toit », poursuit-il.

Une idée à la fois audacieuse et simple : une unité de ventilation sur le toit, qui peut être soulevée comme la benne basculante d’un camion, a été créée.
Une idée à la fois audacieuse et simple : une unité de ventilation sur le toit, qui peut être soulevée comme la benne basculante d’un camion, a été créée.
Source : CNESST

L’idée de Bobby Fortin est à la fois audacieuse et simple ; il a imaginé une unité de ventilation qui peut être soulevée, comme la benne basculante d'un camion. Épaulés par le contremaître, les travailleurs ont dessiné un prototype d'unité de ventilation, puis réalisé des essais, avant d’arriver à un modèle d'unité qui ne nécessite plus aucune intervention en espace clos. Un cylindre pneumatique soulève la nouvelle unité à la verticale. Ainsi, le travailleur n'a aucun effort à fournir et ce modèle requiert peu d'entretien. Après l’inspection du caillebotis, une plaque d'aluminium recouvre complètement ce dernier, si bien que le travailleur peut y circuler sans crainte d'échapper un outil à travers le grillage.

« L'entretien se fait à hauteur d’homme, sur une surface stable, illustre Guy Saint-Louis. On élimine ainsi l'espace clos et les postures contraignantes. L'entretien est plus facile et rapide. » Pour lui, aucun doute que cette innovation puisse être exportée à travers le monde. « Nous sommes fiers de cette innovation surtout parce qu’elle diminue le risque d'accident », indique Patrick Malenfant.

PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES

LAURÉAT OR

Moules Industriels – Filiale de M. I. Intégration

Moules Industriels – Filiale de M. I. Intégration
Moules Industriels – Filiale de M. I. Intégration
Source : Groupe NH Photographes

Table de soufflerie mobile trois en un

Imaginez un four cubique ressemblant à un petit réfrigérateur. À l’intérieur, la température peut atteindre jusqu’à 1 200 oC. C'est ce qu'utilise Moules Industriels, une entreprise établie à Sherbrooke depuis 1984, pour mouler des pièces d'acier à très haute température. Les 80 employés qui y travaillent fabriquent des moules destinés à l'industrie automobile. Pour ce faire, les pièces devant subir un traitement thermique reposent dans une lourde boîte d'acier, un peu plus grosse qu’une batterie de voiture. Auparavant, les soudeurs la retiraient du four à l’aide d’une fourche à deux branches, devaient marcher avec celle-ci, puis la déposaient sur une table de refroidissement, située près du four. « On se trouvait donc à proximité du four, ce qui augmentait le risque de brûlure », explique Francis Labbé, à l’origine du projet qui a tout changé. De plus, la manoeuvre était instable, ce qui augmentait le risque d'échapper la boîte, de se brûler ou de brûler un collègue, en plus d’être contraignante pour le dos.

En démantelant sa fournaise à la maison, Francis Labbé réalise qu’il pourrait utiliser un tel système de ventilation dans le cadre de son travail. C'est alors que lui vient l’idée de modifier la table de refroidissement. Il incorpore le ventilateur à la tablette inférieure du chariot et, sur le dessus, un système de levier et de rails sur rouleaux est ajouté. « La table est située directement à la porte du four et je peux déposer les boîtes de trempe sur le chariot », explique-t-il. Il faut ensuite seulement une tige d'acier pour tirer la boîte qui est chaude. Le chariot comporte aussi un système d'alignement, qui permet son positionnement exact devant le four. Une fois en place, le glissement de la boîte chaude vers le chariot se fait en douceur.

La table de refroidissement a été modifiée. Le ventilateur est désormais incorporé à la tablette inférieure du chariot et, sur le dessus, un système de levier et de rails sur rouleaux est ajouté.
La table de refroidissement a été modifiée. Le ventilateur est désormais incorporé à la tablette inférieure du chariot et, sur le dessus, un système de levier et de rails sur rouleaux est ajouté.
Source : Maude Charest

Un autre avantage qu’offre l’innovation est la diminution du bruit. Avant, le refroidissement se faisait à l'air comprimé, un procédé bruyant et inefficace. Maintenant, c’est le ventilateur incorporé à la table de refroidissement qui exécute la tâche. D’ailleurs, il est plus efficace et les coûts d'électricité s’en trouvent réduits. « C’est moins bruyant, plus agréable et beaucoup plus sécuritaire », se réjouit Francis Labbé. « En tant qu’employeur, notre rôle dans ce dossier a été de s’assurer que les travailleurs pouvaient s'exprimer sur leur projet et le réaliser, explique Alexandre Côté, le directeur d'usine, qui se réjouit de la nouvelle procédure. Ils ont trouvé des plages horaires pour concrétiser leur idée, ensemble, et pour l'implanter. C'est un projet à faible coût, à haut rendement et qui offre une belle visibilité à l'entreprise. »

« Nous sommes très fiers de cette innovation parce qu'elle a été pensée par l'équipe de travailleurs, ce qui est un grand succès à mes yeux », conclut-il.

LAURÉAT ARGENT

Ceradyne Canada ULC

Par la simple pression sur un bouton, un cylindre monte automatiquement les butées, et celles-ci bloquent la lame.
Par la simple pression sur un bouton, un cylindre monte automatiquement les butées, et celles-ci bloquent la lame.
Source : Carl Duchesne

Butées à déploiement automatique sur cisaille hydraulique

Chez Ceradyne Canada, une entreprise située au Saguenay qui se spécialise dans la fabrication de matériaux composites et d’alliages métalliques légers, une immense cisaille hydraulique sert à couper des feuilles d’aluminium de grandes dimensions. Sa lame pèse environ 4 536 kilogrammes. Après la coupe, l'opérateur doit récupérer les feuilles taillées derrière la machine, et le mécanicien s’y rend également pour l'entretien. Lorsqu’ils exécutaient ce travail, les employés devaient se pencher sous la cisaille et y placer une butée pour empêcher la lame de tomber sur eux par accident. « Nous étions inquiets, nous réalisions qu'il y avait un potentiel d’accident grave », explique Jonathan Boileau, électromécanicien. « Nous avons fait une analyse dans le but d'éliminer les dangers, même s’il n’y a jamais eu d'accident dans le passé », ajoute Carl Duchesne, leader technique.

En réfléchissant au problème, les travailleurs ont trouvé la solution, en créant des butées mécaniques automatiques. « Par la simple pression sur un bouton, un cylindre monte automatiquement les butées et celles-ci bloquent la lame, explique Martin Côté, opérateur-inspecteur, membre du Syndicat des Métallos. Une fenêtre grillagée permet de voir facilement si les butées sont bien en place. » En plus, des rideaux lumineux ont été installés à l’avant de la machine, à une certaine distance de la lame. Si l’opérateur entre sa main dans la zone de coupe, la machine s’arrête automatiquement.

« Aujourd'hui, nous nous sentons en confiance grâce à ce beau travail d'équipe, indique Jonathan Boileau. Les travailleurs ont été écoutés et aidés par la direction. » Carl Duchesne croit que beaucoup d'entreprises qui utilisent des cisailles dimensionnelles pourraient profiter d'une telle innovation. Il se réjouit de l’implication des travailleurs et de la culture qu'ils ont développée en santé et sécurité au cours de ce projet.

LAURÉAT BRONZE

Fene-Tech inc.

Le logiciel COMET permet de gérer l’ensemble de la sécurité des machines de l’entreprise.
Le logiciel COMET permet de gérer l’ensemble de la sécurité des machines de l’entreprise.
Source : Fene-Tech inc.

Logiciel COMET

Pour fabriquer des portes et des fenêtres de A à Z, la centaine d’employés et employées de l’entreprise matapédienne Fene-Tech utilise plus de 140 outils, variant de la scie à onglet aux machines ultraspécialisées. Par souci de sécurité, les travailleurs n’utilisent aucun appareil sans avoir d'abord fait l’analyse des risques. « Même les outils neufs, qui sortent de la quincaillerie, passent par ce processus-là », indique Joël Leblanc, contremaître de production. Il arrive souvent qu'ils soient modifiés.

Ainsi, pour gérer l'ensemble de la sécurité de ses machines, Fene-Tech a créé son propre logiciel, qu’elle a baptisé COMET (Contrôle des Machines et Équipements de Travail). Toutes les machines et les outils de l'entreprise ont désormais une fiche indiquant leur niveau de risque, la procédure de cadenassage et d’entretien, la formation à détenir pour les utiliser et l'équipement de protection individuelle associé.

Son concepteur, le représentant des ventes Michel Bérubé, aidé par tous les travailleurs, a conçu une grille pour l’analyse des risques, qui permet de déterminer des mesures de correction à mettre en place. « Après avoir modifié l’ensemble des équipements, les risques qui pouvaient être fréquents sont devenus très rares », indique-t-il. Le logiciel veille à ce que les travailleurs soient dûment formés et à ce qu’ils fassent les mises à jour nécessaires. Toute nouvelle donnée récoltée durant le processus est automatiquement intégrée en temps réel au réseau et accessible pour tous les travailleurs. Par exemple, grâce au logiciel, l'entreprise sait maintenant exactement quand changer les lames, inspecter et entretenir les scies ou remplacer les pièces vieillissantes des machines.

« Nous peaufinons notre logiciel chaque jour, car il est vivant et en action, explique Richard Levasseur, directeur adjoint. Un comité de santé et de sécurité s'est également greffé à l'expérience du logiciel, qui peut aussi être consulté à partir d’une tablette. » Michel Bérubé est catégorique : « L'essayer, c’est l'adopter! »


GRANDES ENTREPRISES

LAURÉAT OR

Veolia ES Canada
Services Industriels inc.

Veolia ES Canada Services Industriels inc.
Source : Groupe NH Photographes

Système de retenue pour endroits inaccessibles (SREI)

Veolia se spécialise dans le nettoyage industriel de conduites, en plus d’offrir des services d'aspiration à sec et de produits contrôlés. L’entreprise intervient dans plusieurs usines de la région en nettoyant, par exemple, des conduites devant recevoir des câbles de télécommunication ou servant à transporter de l’énergie. Pour ce faire, les travailleurs utilisent divers outils, tels que des jets à haute et ultrahaute pression.

Les conduites à nettoyer se trouvent souvent dans un trou d’homme, sous la rue. Les travailleurs devaient donc effectuer certaines tâches en espaces clos, ce qui causait des problèmes ergonomiques et pouvait entraîner différents types de dangers, selon la configuration de l’endroit. « Notre principal problème était l’accès aux tuyaux que nous devions nettoyer », explique Alain Lalonde, opérateur.

Le système de retenue pour les endroits inaccessibles lors des travaux de nettoyage à haute pression est une solution qui permet d’accéder par l’extérieur à des conduites situées à l’intérieur.
Le système de retenue pour les endroits inaccessibles lors des travaux de nettoyage à haute pression est une solution qui permet d’accéder par l’extérieur à des conduites situées à l’intérieur.
Source : André Poulin

« De concert avec notre comité de santé et de sécurité local, une équipe de travailleurs s'est réunie pour trouver une solution, explique le directeur régional, André Poulin. Notre mécanicien était présent et nous a aidés à concevoir un outil efficace pour éliminer les dangers propres aux espaces clos ainsi que les risques d'éclaboussures. » La solution est apparue sous la forme d'un système de retenue pour les endroits inaccessibles lors des travaux de nettoyage à haute pression. La buse du jet à pression est reliée à une longue tige d'aluminium dont la portée atteint jusqu’à 12 mètres. Le travailleur actionne la pression d'eau à distance par l'entremise d'une pédale de contrôle. La buse peut donc être amenée en hauteur sans la nécessité de monter dans un escabeau, ou encore en profondeur, dans des trous d'homme difficiles d'accès, sans que quelqu’un doive y descendre. « Depuis que nous avons cet outil à portée de main, nous sommes capables d'accéder par l'extérieur à des conduites situées à l'intérieur. Nous gagnons du temps, explique Alain Lalonde. Nous n'avons plus à remplir de formulaires d’espace clos ni à faire de tests d'air, puisque ces risques ne sont plus présents. » Il ajoute que les travailleurs étaient toujours à la recherche de points d'ancrage, souvent inexistants. Le nouvel outil élimine aussi ce problème, de même qu’il supprime le risque qu'un boyau à pression se détache et occasionne un effet de fouet pour les gens autour.

Nul doute pour le contremaître superviseur Pierre Bérubé que cette innovation pourrait être utilisée dans un grand nombre d’industries.

LAURÉAT ARGENT

Construction Valard inc.

Un long tube gonflable en polyester plastifié et assemblé par thermosoudage est utilisé pour assurer la stabilité des excavations.
Un long tube gonflable en polyester plastifié et assemblé par thermosoudage est utilisé pour assurer la stabilité des excavations.Source : Construction Valard

Protection des excavations avec l’utilisation d'un tube gonflable

Construction Valard réalise des travaux d’implantation de poteaux et d’ancrages pour les principaux services publics du Québec. Lorsque les travailleurs creusent un trou pour y insérer un poteau ultérieurement, il y a un risque que les parois s’effondrent ou que quelqu’un tombe à l’intérieur. Il faut donc protéger les excavations et assurer leur stabilité jusqu’à ce que le poteau soit mis en place. Pour ce faire, les travailleurs inséraient un tube de coffrage en carton dans le trou et le recouvraient d’une lourde plaque d’acier. Cette méthode de travail comportait son lot d’inconvénients. « Quand tu as de la difficulté à insérer le tube dans son trou, tu forces terriblement pour le sortir », résume Sylvain Dion, chef d’équipe de plantage de poteaux. Alors, bonjour les maux de dos!

Les travailleurs et l'entreprise ont collaboré pour trouver une solution. Maintenant, un long tube gonflable en polyester plastifié et assemblé par thermosoudage est utilisé. Il est donc très solide. Tout d’abord, le tube dégonflé est inséré verticalement dans l’excavation. Les travailleurs le gonflent ensuite à l’air comprimé, qui est toujours à leur disposition à partir de leur camion. Le tube remplit la cavité, stabilise ses parois et bloque l'accès. Après une année de tests, le résultat s'est avéré très concluant : le produit est durable, et la pose et le retrait sont faciles et sans risque. L’entreprise en possède maintenant plusieurs dizaines.

« Nous sommes très fiers de cette réalisation, qui démontre une bonne collaboration entre les gens qui travaillent sur le terrain et la direction de l'entreprise, se réjouit Alexandre Labonté, directeur des lignes de distribution. Nous sommes toujours à l’affût de ce que nous pouvons apporter comme modification à nos techniques de travail pour la santé et la sécurité de nos travailleurs. »

LAURÉAT BRONZE

Coffrage Alliance

Un escalier à palier en acier, amovible et fixé à l’intérieur
de la structure du coffrage, est ajouté pour plus de sécurité. class=
Un escalier à palier en acier, amovible et fixé à l’intérieur de la structure du coffrage, est ajouté pour plus de sécurité.Source : Coffrage Alliance

Amélioration du système autogrimpant pour éliminer les chutes de hauteur

Entrepreneur général dans les structures de béton depuis 1970, Coffrage Alliance n’était pas satisfait des coffrages autogrimpants offerts sur les marchés internationaux, qui ne correspondaient pas à leurs attentes en matière de sécurité. Pour se déplacer d’un niveau à l’autre, à l’intérieur des coffrages installés en hauteur, les travailleurs devaient utiliser des échelles. Le risque de chute et de blessure grave était omniprésent. Comme indique le contremaître menuisier Simon Lambertz, l'échelle ne doit jamais servir d’accès principal. « Nous avons eu l'idée d'apporter une modification aux coffrages autogrimpants : ajouter un escalier à palier en acier, amovible et fixé à l'intérieur de la structure du coffrage », illustre le vice-président à la direction, François Pomerleau. Le contremaître menuisier, un ingénieur et six menuisiers ont conçu et réalisé l’innovation. Ainsi, les travailleurs peuvent circuler entre les niveaux en utilisant des escaliers amovibles plutôt que des barreaux d'échelle. Le risque de chute est diminué. « Le transport des outils et du matériel entre les étages est également beaucoup plus facile », indique Simon Lambertz. La fluidité des déplacements augmente aussi la sécurité en cas d'évacuation rapide du chantier. « À la fin de la journée, les travailleurs sont moins fatigués puisqu’ils n’ont pas à monter et à descendre une échelle constamment », ajoute Benoît Hétu, surintendant. « Avec cet escalier amovible, nous avons prouvé qu’il est possible d’allier sécurité, productivité et des résultats incroyables », se réjouit François Pomerleau.


ORGRANISMES PUBLICS

LAURÉAT OR

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs – Direction de la protection des forêts – Service de la gestion des ravageurs forestiers

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs – Direction de la protection des forêts – Service de la gestion des ravageurs forestiers
Source : Groupe NH Photographes

Mât basculant à contrepoids

La Division de la protection des forêts du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs s'occupe d'un ensemble de quatorze stations météorologiques permettant l’accès à des données météorologiques fiables sur le territoire du Québec. Les différents outils de captation sont installés en hauteur, au sommet de tours d’acier mesurant 10 mètres. Chaque année, durant les 25 dernières années, Jean-Jacques Bertrand, technicien de laboratoire et chargé de projet technique, a grimpé dans ces tours pour changer ou entretenir les panneaux solaires, aiguillonner les antennes et remplacer l’anémomètre. « Le poids du baluchon, de la ceinture, du harnais de sauvetage et du câblage, ensemble, doit totaliser entre 14 et 18 kilogrammes, explique-t-il. Passer deux à trois heures à aiguillonner une antenne au sommet de la tour avec tout cet équipement et le vent était une tâche assez difficile. » En plus, le travail était dangereux ; une chute aurait pu être fatale.

La conception de ces stations météorologiques devait être modifiée. Grâce à un système de contrepoids, le mât bascule et l’entretien se déroule maintenant au sol.
La conception de ces stations météorologiques devait être modifiée. Grâce à un système de contrepoids, le mât bascule et l’entretien se déroule maintenant au sol.
Source : Jean-Jacques Bertrand

Il y a plusieurs années, le représentant en santé et sécurité au travail a sonné l’alarme, en mentionnant que la conception de ces stations météorologiques devait être modifiée. « Nous ne pouvions plus continuer à travailler comme on le faisait », indique Pierre Therrien, biologiste et coordonnateur du projet. Il fallait trouver une solution pour continuer à opérer les tours de manière sécuritaire. C’est là qu’est venue l’idée d’un mât basculant à contrepoids », ajoute-t-il.

Pour mettre en place cette innovation, des ancrages solides dans le sol étaient nécessaires. Désormais, les travailleurs n’ont plus besoin de monter dans les tours, qui peuvent être inclinées à l’horizontale, à hauteur d'homme, et ce, sans effort en raison du système de contrepoids. « L’entretien, qui se faisait en hauteur, se déroule maintenant au sol », illustre Jean-Jacques Bertrand. Le risque de chute est disparu. En plus, la machinerie lourde a tracé des chemins, si bien qu'aujourd'hui, les travailleurs accèdent aux tours en camion. « Il y a ainsi moins de risques liés au portage », ajoute M. Bertrand.

« Pour les nombreux employés ayant été impliqués dans ce projet, c’est extrêmement motivant de voir que leur travail est reconnu », conclut Pierre Therrien. L’entreprise a également profité de l’occasion pour rénover les sites et les clôturer, facilitant leur accès et mettant fin au vandalisme et aux empiètements fauniques.

LAURÉAT ARGENT

Ville de Montréal – Direction gestion immobilière et exploitation – Service de la gestion et de la planification immobilière

Pour assurer la sécurité de ses employés, la Ville a mis sur pied un programme informatique de cadenassage.
Pour assurer la sécurité de ses employés, la Ville a mis sur pied un programme informatique de cadenassage.Source : Stéphanie Potelle

Programme de cadenassage soutenu par une application mobile

À la Ville de Montréal, plus de 250 employés, dont des plombiers, des électriciens, des frigoristes et des poseurs d’appareils de chauffage, s’occupent de l'entretien technique d’appareils répartis dans plus de 800 immeubles municipaux. Pour assurer leur sécurité, la Ville a mis sur pied, pour chaque appareil, un programme informatique de cadenassage. « Il a fallu quatre ans de travail pour doter tous les travailleurs d'une procédure et l'accompagner d’une application mobile », explique Johanne Rouillard, directrice de l’exploitation immobilière, de l’entretien et de l’énergie. Auparavant, plus de 7 000 procédures écrites étaient regroupées dans un cartable. Ainsi, la fabrication, la mise à jour et la manipulation de ces fiches augmentaient le risque d’erreurs humaines. « Aujourd'hui, je scanne le code à barre présent sur les appareils à l’aide de mon téléphone et l’application me donne tout de suite la procédure à suivre pour effectuer le cadenassage de façon adéquate », explique le plombier, Gino Dubé. Le programme est accessible en tout temps, même dans les endroits où il n'y a pas de réseau. Il enregistre automatiquement qu’une procédure a été effectuée correctement, avec le nom de la personne qui s'en est chargée. La fiche donne de l’information sur les machines, les équipements de protection individuelle nécessaires, les appareils de contrôle d’énergie, les étapes de cadenassage et, enfin, de décadenassage. « Tous les travailleurs ont été formés et on les soutient sur le terrain », ajoute le contremaître de l’équipe de cadenassage, Khalid Kharbouch. Pour l’équipe, cette application apporte son lot d’avantages : efficacité, rapidité, accessibilité et sécurité.

LAURÉAT BRONZE

Commission des services électriques de Montréal

Le panier en acier inoxydable, qui récupère les seringues souillées, s’installe sous le couvercle des puits d’accès.
Le panier en acier inoxydable, qui récupère les seringues souillées, s’installe sous le couvercle des puits d’accès.Source : Marc-Alexis Lavallée

Panier récupérateur de seringues

La Commission des services électriques de Montréal s’occupe des fils électriques qui se trouvent sous les rues, dans un système de tuyauterie. Les travailleurs y descendent par des puits d’accès qui se trouvent à même la rue. Lorsqu’ils effectuent leur travail, la découverte de seringues usagées n’est pas rare. « Nous en récupérons au-delà de 5 000 par année à l'intérieur de nos puits d’accès », explique le directeur de la gestion du réseau, Jean Mercier. Avant, les travailleurs les récupéraient à la noirceur, à la main et à genoux, ce qui les exposait aux risques biologiques liés aux seringues souillées. L’ouvrier responsable de la gestion du réseau, Guy Richard, s’est d’ailleurs accidentellement piqué avec l’une de ces seringues. Aujourd’hui, un tel événement ne pourrait plus survenir, grâce à l’ingéniosité de l’équipe d’entretien. L’ensemble des employés s’est concerté pour concevoir un panier en acier inoxydable, qui s’installe directement sous le couvercle d'acier des puits d’accès, peu importe leur diamètre. Une fois le couvercle du puits ouvert, les seringues se trouvent directement dans le panier. « Je les récupère à l’aide d’une pince munie d’embouts en caoutchouc et je les place dans un contenant prévu à cet effet », illustre Stéphane Villeneuve, ouvrier responsable de la gestion du réseau. Ainsi, il n’y a plus de manipulation de seringues, le fond du puits est propre, et les fils électriques aussi. Les travailleurs peuvent y circuler sans risque de piqûre. « Tous les paniers que nous avons installés sont restés en place et c’est signe pour moi qu’il y avait un réel besoin de concevoir une telle innovation », ajoute Jean Mercier, qui se réjouit de l’implication de l'ensemble des travailleurs pour inventer et déployer ce moyen de prévention aussi simple qu’efficace.