Comment choisir ses gants

Les gants de protection ? Voilà des équipements indispensables permettant de réduire le nombre et la gravité des blessures. Mais comment choisir parmi une si vaste gamme de produits ?

Photo : Benoit Renaud, Ville de QuébecPhoto : Benoit Renaud, Ville de Québec

Ah ! Les jolies mains ! Et combien utiles ! Elles vous permettent de saisir des objets, de sculpter, d’écrire, de jouer d’un instrument de musique, de taper au clavier de votre ordinateur, de jardiner, de caresser en douceur votre nouveau-né, et mille et une autres choses encore. Imaginez ! Il y a 27 os dans votre main et votre poignet. Rien de moins ! Par ailleurs, vos mains sont fragiles et irremplaçables. Voilà pourquoi il faut en prendre grand soin et les protéger. Au Québec, l’employeur doit fournir à ses travailleurs des gants de sécurité s’il n’est pas possible de mettre en place les moyens administratifs et d’ingénierie de maîtrise des risques ou si ces derniers ne sont pas suffisants. Cependant, les gants de protection ne doivent pas être portés en toute occasion. « Le port de gants de travail peut s’avérer dangereux si votre tâche présente un risque d’entraînement avec une machine en mouvement, par exemple entre deux rouleaux rotatifs, une lame de scie, etc. », affirme Chantal Gauvin, professionnelle scientifique de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST).

Bien choisir les gants de protection 

Les gants de travail ? Il y en a pour tous les besoins. Des gants d’apiculteur, gants de pompier, gants de manutentionnaire, gants de soudeur, et combien d’autres encore.

Cependant, le gant parfait qui convient à tous ces métiers n’existe pas. D’où l’importance de bien choisir ceux qui correspondent exactement à vos activités. « Il faut vous demander quel type de protection vous recherchez. Une protection contre les risques chimiques, biologiques, électriques et thermiques ? Ou encore, une protection contre les risques mécaniques tels que les coupures et les perforations ? Choisissez des équipements de protection qui ont subi des tests de performance reconnus par des organismes internationaux (p. ex. ASTM, ISO ou EN) contre les risques dont vous voulez vous protéger et non ceux qui sont offerts dans les grandes surfaces et dont l’efficacité peut être douteuse », soutient Jaime Lara, responsable du champ de recherche « Équipements de protection individuelle » de l’IRSST.

Pour faire son choix, il faut tout d’abord savoir que les gants de protection sont classés en quatre grandes catégories :

  • Les gants en polymère non supporté tel que le nitrile, le néoprène, le butyle ou le latex offrant notamment une protection contre les risques chimiques ou biologiques ;
  • Les gants tricotés en fibres à hautes performances tels que Kevlar®, Spectra® ou Dyneema®, qui offrent une protection contre la coupure par tranchage ;
  • Les gants en tricot (p. ex. coton, Kevlar®) enduits d’un polymère (p. ex. néoprène, nitrile) qui offrent une certaine protection contre les risques chimiques et biologiques, les perforations et les piqûres ;
  • Les gants cousus, souvent entièrement en cuir ou dont l’endos est en coton, très utilisés dans la construction.

Avoir bien des « gants » dans son sac 

Aussi, il existe des métiers qui nécessitent le port de différents types de gants de protection. Prenons l’exemple de 
Marie-France, une ouvrière qui travaille dans un abattoir industriel. Elle doit, de manière générale, manipuler des pièces de viande qui viennent des réfrigérateurs ou des congélateurs. Donc elle a besoin d’une protection contre le froid et l’humidité. En plus, elle a besoin d’une protection contre les lacérations, puisqu’elle travaille égale-ment à la découpe de la viande. Marie-France doit donc porter un gant résistant à la coupure pour sa main qui tient le couteau (il peut s’agir d’un gant en Dyneema® ou en Spectra®). Quant à la main qui maintient en place la pièce de viande, elle doit être protégée par un gant en mailles d’acier. Lorsque vient le temps de nettoyer son plan de travail, Marie-France peut porter des sous-gants en tricot de polyester qui offrent une bonne isolation thermique et enfiler des gants en caoutchouc qui sont imperméables et qui offrent une bonne protection contre les agents chimiques.

Aucun gant miracle 

« Il n’existe aucun gant qui assure à la fois un grand confort, une grande souplesse, une bonne dextérité ainsi qu’une protection à l’épreuve de tout type de risque. Voilà pourquoi il faut continuer à agir avec précaution lorsqu’il s’agit de manipuler des aiguilles, des objets coupants, des produits chimiques, entre autres choses », précise Chantal Gauvin. Aussi, certains travailleurs sont tentés de mettre leurs gants de côté, car bien qu’ils offrent un niveau élevé de protection, ils sont inconfortables ou souvent mal adaptés à la tâche. Pour éviter qu’une telle chose se produise, il est important, en plus d’assurer une protection contre les risques identifiés, de choisir des gants adaptés au type de travail et à la taille de sa main. À cet effet, il existe des tableaux de pointures offerts par des fabricants pour permettre à l’acheteur de trouver la pointure qui lui convient. Les droitiers devraient accorder une plus grande importance à la taille de la main droite et les gauchers à celle de la main gauche. Aussi, si cela est possible, il est recommandé que le travailleur essaie différentes marques et modèles de gants avant l’achat.

Le risque comme critère de sélection 

Il ne faut pas lésiner sur la qualité. Ce qui importe d’abord, c’est que les gants soient adaptés aux risques et à la tâche. Ensuite, entrent en ligne de compte le prix et le nombre d’utilisations. Par exemple, un gant jetable (souvent à moins de un dollar) peut très bien faire l’affaire dans certains cas, alors que dans d’autres, l’utilisation d’un gant plus performant et un peu plus cher, mais possiblement réutilisable et lavable, conviendrait mieux pour la tâche et serait plus avantageux à long terme. Vous devez prévoir que certains gants valent plus de dix dollars et que d’autres, destinés à pour un usage très spécialisé, peuvent valoir une centaine de dollars. « N’oubliez pas que la qualité des gants ainsi que l’utilisation de nouveaux matériaux plus performants entrant dans leur fabrication pourraient éviter les coûts onéreux associés aux lésions aux mains », conclut Chantal Gauvin. Voilà pourquoi il ne faut pas hésiter à faire marcher vos doigts et à marchander.

Un nouveau site Web sur la sélection des gants de protection, mis au point par l’IRSST et l’École de technologie supérieure, peut vous aider à faire les bons choix. Il comporte un outil interactif donnant accès, suivant quelques critères de recherche, à une sélection de gants contre les agresseurs mécaniques, ainsi qu’à un document fournissant l’information pertinente pour choisir des gants adaptés aux besoins, par exemple l’analyse des risques, les caractéristiques des gants, l’usage et l’entretien, ainsi qu’une liste de fabricants. De manière générale, Internet permet de faire de bonnes trouvailles et les sites Web de plusieurs fabricants contiennent beaucoup d’information (ou parlez-en avec les fabricants...). [PT]

Pour en savoir plus 

En Europe, il existe des normes s’appliquant aux gants de protection, représentées par des pictogrammes sur le gant.

Pour en connaître davantage sur ces normes :